Je n'aime pas parler des concerts qui se passent mal. Un peu comme les disques qui m'ont déçu, bien que ces derniers peuvent avoir avec le temps une valeur nouvelle à mes oreilles. Mais les concerts, non. C'est comme un anniversaire qui a mal tourné, on préfère l'oublier, comme ce concert de
MASTODON au Trabendo qui m'a déçu à un point que je pensais impossible à atteindre de la part de ce groupe que je considère cependant toujours comme essentiel, voire simplement incontournable.
Mais voilà ce soir... Concert gratuit de
ÖDLAND et
MIA DOI TODD à L'International, ça tombe bien les premiers je venais de les découvrir via Deezer et les voir
live faisait plus que me botter. Début des hostilités à 20 heures, bien ça laisse le temps d'arriver peinard rue öberkampf et de prendre un verre ou deux. Ca sera un, une Affligem qui entre le moment où je la commande et celui où l'on me la sert se transforme en Pelforth, bah qu'importe le flacon... 20 heures, l'escalier menant au sous-sol où doivent se dérouler les festivités est fermé. Baste! On est pas pressés! On commence ensuite à l'être à 20h15, puis 20h30... jusqu'à 21h où j'arrive enfin à acheter un CD du groupe. J'étais bien parti pour me servir et laisser les 10 euros, mais le DJ apparemment responsable du merch' a entre-temps enlevé son casque et a pu nous vendre le-dit produit.
21h15, enfin le public descend en masse vers la salle, et je sens déjà le problème, basse de plafond, parcourue de piliers dont deux entourant une scène fatalement peu élevée... Le Glaz'Art en pire, mais avec un public qui sera pour certains spécimens la cerise merdeuse sur ce gâteau au goût peu amène. Ce bon Louis-Ferdinand Céline avait raison, rien n'est gratuit en ce bas monde, et tout se paye, le bien valant plus cher. Car pour tenir deux morceaux de ilôt de beauté qu'était
ÖDLAND, il a fallu subir le ressac de connerie de
hipsters parisiens qui vous confirme que si "cons-sanguins" il y a, ce n'est pas en Province mais bien dans la Capitale qu'ils pullulent. Qui dit de photographes vaguement professionnels occupant tout le devant de la scène sans se donner la bienséance de se baisser et calant leurs objectifs sous le nez de la chanteuse, qui dit d'une radasse tentant à tout prix de se glisser entre votre Serviteur et le pilier pour voir la scène, qui dit d'un mignon virant le public déjà blasé du bout de son reflex offert à Noël... A ce sujet c'est fou le nombre de pseudos-photographes parasitant les concerts, le summum revenant au spécimen du glaireux prenant une photo avec flash à cinquante mètres de la scène à l'aide... de son portable. On en a des brassées à chaque remplissage de Bercy.
Revenons au sous-sol de l'International et à la féérie du quatuor d'
ÖDLAND qui ne survit pas au brouhahaha des conversations emplissant la salle. Car la
hype impose d'aller voir un concert, de n'en rien entendre et de parler le plus fort possible à cause de ces sagouins de musiciens.
Non, décidément, je dois trop aimer la musique pour subir ça, une accumulation de ces petits riens qui vous pourrissent la vie. Je pars, apparemment à moindre regret puisque n'ayant pas payé l'entrée mais intérieurement aussi furieux que si j'avais guetté la place pendant des heures sur Ticketnet pour un concert de
METALLICA. Et de me convaincre un peu plus qu'au niveau public de merde, celui des métalleux a bien des avantages sur celui des bobos parisiens.
Pour ne pas finir sur une note totalement négative, je vous incite sincèrement à jeter une oreille bienveillante et attentive
sur l'album d'ÖDLAND et moi d'espérer revoir le groupe dans de meilleures conditions. Celles dignes de son talent.