I'M HERE de Spike Jonze

Jeudi 2 septembre 2010 à 17:35

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La vodka a parfois du bon. Cette improbable constatation a pour origine le dernier métrage de Spike Jonze, censé être à la base une pub pour la-dite marque, I'M HERE est désormais un film de 30 minutes se déroulant dans un Los Angeles déshumanisé et hors des canons visuels habituels de la ville. Où l'éternelle histoire d'amour, forcément cruelle, d'un homme et d'une femme, sauf qu'il s'agit içi de robots, condamnés à être en marge d'une société qui les tolère pourtant.

Débarassé de son scénariste frappé, Kauffmann, Jonze redevient un cinéaste plus éthéré toujours parcouru de fulgurances poignantes (la scène de concert, la scène finale...). Cette demi-heure mise à la disposition de tous sur le net, autant se servir du média plutôt que de la diaboliser en vain, sent fortement la base d'un projet à venir.

I'M HERE , est tout à la fois un exercice de style, de la SF poignante, un clip... en somme, un hybride sorti un peu de nul part et au développement futur incertain. Ca ne rentre dans aucune case et ce n'est pas le moindre de ses mérites.

Visionnage du film.

THE EXPENDABLES

Lundi 30 août 2010 à 20:55

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Ca y est le grand team-up des figures de l’action par Stallone est sur les écrans, et même s’il manque quelques belles têtes (Van Damne, Russel, Seagal, Snipes…), la réunion de famille tient pas mal de ses promesses.

Pourtant le fan le sait, lui, que ce soit aussi bien dans la musique que dans le comics, que le crossover et autre rencontres de figures tourne toujours court et sonne creux. Hé bien là non. Et si une seule scène pouvait résumer ce que peut provoquer la vision de THE EXPENDABLES ça serait la fameuse scène réunissant Stallone, Willis…et Schwarzenegger. Ca dure pas cinq minutes, c’est gadget, l’arrivée du Governator est aussi fine qu’un film de Michael Bay sous LSD et pourtant il n’y a pas beaucoup plus de film ces derniers temps qui pourraient filer autant la banane à toute une génération élevée aux Action Heroes estampillés années 80.

A l’image de ROCKY BALBOA et de JOHN RAMBO, où Stallone donnait une fin honorable aux deux archétypes du cinéma d’action qu’il a lui-même créé, THE EXPENDABLES est un film balisé du début à la fin. Pas de révolution dans un scénario ou une réalisation qui donnent dans le registre à l’ancienne, avare en effets spéciaux, qui ne sont pas de première qualité d’ailleurs. On est içi dans l’amitié virile testostéronée, le sauvetage de la superbe demoiselle en détresse, et les questionnements réglés en cinq minutes de vieux baroudeurs légèrement sur le retour tout en n'oubliant pas de tout faire méchamment péter à la fin en pulvérisant tous les boss de fin de niveau. A ce petit jeu d’ailleurs, et malgré le monologue de Mickey Rourke sur ses regrets, c’est encore Dolph Lundgren et sa gueule cassée qui tire son épingle du jeu. A tel point qu’on en pardonnera même l’invraisemblable fin. De toute manière, comme pour ses précédents films, Stallone ne fait finalement rien d'autre que de donner du grain à moudre pour ses admirateurs comme ses détracteurs. Et souvent pour les mêmes raisons.

THE EXPENDABLES c’est le parfait film du samedi soir dont on débattra encore dans dix ans sur savoir si dans un des « duels » du film, untel aurait bien dû l’emporter sur l’autre. Avec en prime désormais, la quasi-certitude que le film ne s’annonce que comme le premier volet d’un énorme revival dont on s’imagine déjà les futurs castings.

Beuarh, quoi.

INCEPTION

Vendredi 30 juillet 2010 à 19:18

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"Every great magic trick consists of three parts or acts. The first part is called "The Pledge". The magician shows you something ordinary: a deck of cards, a bird or a man. He shows you this object. Perhaps he asks you to inspect it to see if it is indeed real, unaltered, normal. But of course... it probably isn't. The second act is called "The Turn". The magician takes the ordinary something and makes it do something extraordinary. Now you're looking for the secret... but you won't find it, because of course you're not really looking. You don't really want to know. You want to be fooled. But you wouldn't clap yet. Because making something disappear isn't enough; you have to bring it back. That's why every magic trick has a third act, the hardest part, the part we call "The Prestige"." 
ouverture du film THE PRESTIGE.

A croire que son trop méconnu PRESTIGE n'aura été q'un échauffement pour Nolan entre deux couches de peinture bien noire sur Batman. Qu'il est taquin n'est-ce pas? On y retrouve son appui fétiche, un héros parcouru de remords, de regrets et tentant de contrôler son monde au risque de s'y perdre. Et surtout son éternel chat du jeu et de la souris, la vision du film ayant été des plus jouissives pour l'auteur de ces lignes n'ayant vu ni bande-annonce, résumé ou quoique que ce soit pouvant me déflorer la découverte. Car INCEPTION, dont il est vain voire criminel de raconter le scénario, est un des plus beaux tours de passe-passe dont on ait été la victime depuis longtemps, grosse production bavarde dont il est fatal de rater une ligne de dialogue, le film fait la somme des oeuvres de Nolan dans sa forme comme dans son fond.

Un scénario original pour un film de 2H30 avec une très grande majorité du casting issu du ciné indépendant ou étranger, sans qu'on puisse déterminer dans quelle catégorie ranger au final le film? Impensable à Hollywood, jusqu'à ce que Nolan pulvérise le box-office avec THE DARK KNIGHT, un film ayant montré qu'avoir les mains libres peut-être un superbe coup de poker artistique et financier. Car ce scénario que le réalisateur trainait avec lui depuis 10 ans est une transfiguration de tout ce qu'il a pu faire auparavant et comme bien des grands films ,une réflexion intrinsèque sur l'imaginaire, la perception et l'action envers ce dernier, son apport... sur le cinéma au final. En gros un vrai film d'auteur, mais avec les moyens de production dignes de ce nom.

A l'image de John Doe le serial-killer/alter-ego du réalisateur David Fincher dans SE7EN, le plan de Nolan sera surtout analysé sans cesse sous toutes ses coutures pendant un bon moment. Inutile d'y chercher la quelconque pseudo-incohérence qui rassurerait le spectateur qui se fait manipuler et vriller le cerveau, quand bien même il croit comprendre, il n'y en a pas. Sauf de fausses pistes que le réalisateur en sadique brillant qu'il est, sème avec délectation. La seule explicaton inattaquable étant finalement la plus insultante...

La meilleure preuve? C'est encore un dialogue, final celui-ci, du PRESTIGE;

"You never understood, why we did this. The audience knows the truth: the world is simple. It's miserable, solid all the way through. But if you could fool them, even for a second, then you can make them wonder, and then you... then you got to see something really special... you really don't know?... it was... it was the look on their faces..."

ROBIN HOOD ou la faute à pas d'bol

Vendredi 21 mai 2010 à 11:49

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Ridely Scott est un très grand réalisateur, nul ne peut le nier, il a donné au cinéma certains de ses plus grands joyaux ne serait-ce qu'avec ALIEN ou BLADE RUNNER. Et malgré un redémarrage de carrière superbe depuis GLADIATOR, cet incontournable du 7ème art subit encore les revers du système. Mais qu'en espérer d'autre, quand, au lendemain de sa consécration pour MILLION DOLLAR BABY, Eastwood confessait avoir du mal à trouver des financements?

Et ce ROBIN HOOD n'échappe pas à la règle, une régle que le réalisateur avait déjà subi pour BLADE RUNNER et pour... KINGDOM OF HEAVEN son chef d'oeuvre mésestimé qui ressuscite dans sa version longue. D'ailleurs les aventures de Robin Longstride pourraient même en être une suite indirecte, là où KINGDOM... s'achevait sur le départ de Richard Coeur de Lion, ROBIN HOOD débute sur le retour peu glorieux de celui-ci dans son foyer. Et c'est là une des rares forces de cette relecture, dépoussiérer le mythe, l'inscrire dans une réalité bien concrète à l'inverse de KINGDOM... qui partait d'une base historique pour en donner une parabole sur l'héroisme, le pouvoir, et la compromission. Dans une tendance amorcée par des films comme CASINO ROYALE, BATMAN BEGINS, le film tente de montrer comme un archer d'une armée en déroute est devenu un symbole de liberté pour un peuple exsangue par une croisade de dix ans alors qu'une invasion française se profile.

Malheureusement si le film prend son temps pour installer correctement ses bases malgré quelques passages obligés (le plus souvent l'introduction des compagnons de lutte de Robin), il subit des ellipses assez violentes dans sa deuxième partie. La faute à un montage coupant court aux enjeux du film pour assurer le plus de diffusion possible, et se faisant sentir cruellement au point de rendre presque futile la bataille finale et de bacler la conclusion, sans parler des incohérences ou d'éléments mal amenés (Robin assumant l'héritage paternel, etc...).

Au milieu de cet énième gâchis surnagent pourtant le couple de héros Robin et Marianne, aussi bien écrits qu'interprétés, une des plus belles variations que ce couple de cinéma ait pu connaitre, ou encore la photo superbe de John Mathieson, collaborateur fidèle de Scott depuis GLADIATOR...

Que penser du film si ce n'est de désespérer encore de cette manie de sortir des films amputés pour être commercialisés dans leur version longue en Blu-Ray uniquement? Un sujet de ressentiment aussi bien pour le public que pour l'équipe du film... d'autant plus rageant quand ce qui nous est laissé à voir est de grande tenue.

IRON MAN 2

Samedi 1er mai 2010 à 21:37

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« Je suis Iron Man ». Depuis cette sentence « concluant » le premier volet de ses aventures, Tony Stark est un homme demandé : une commission sénatoriale réclame l’armure Iron Man, son concurrent Justin Hammer veut le mettre sur la touche, son cœur artificiel le rapproche de plus en plus d’une mort certaine, sans compter qu’un dommage collatéral de son passé familial en la personne d’Ivan Vanko se verrait bien l’envoyer rejoindre son créateur…

Le principe de toute suite est le suivant « better, faster, stronger ». Même s’il reste assez avare en la matière à l’image du premier film, le spectacle est assuré. Le rythme est soutenu par un scénario dense mêlant introspection du héros, relations houleuses avec ses proches et son passé, pulsions suicidaires et surtout les rares pistes vers le film THE AVENGERS (clins d’œil, introduction de nouveaux personnages…) jetées comme des miettes à un public avide que la désormais séquence surprise d’après générique de fin fera encore baver de trop longs mois. Le cahier des charges bien rempli est en effet des plus alléchants sur le papier, d’autant que les points forts sont toujours ici bien exploités. Le premier est non le moindre : Robert Downey Jr., qui tient le film à lui tout seul au milieu de personnages secondaires pas toujours développés.

Car à trop mettre d’ingrédients, ça en finit paradoxalement par manquer de goût. Du côté des bad guys, Rockwell est parfait en looser jaloux de Stark, Rourke délivre une version de Whiplash au poil, de même que la divine Johansson, Don Cheadle ou Paltrow pour ce qui est des acolytes de Stark. Problème : aucun des personnages n’a le traitement qu’il mériterait vraiment. Dommage également que le focus sur les relations des personnages et les introspections du héros mettent de côté l’interaction avec le « monde réel » du premier film (la guerre en Afghanistan, la course à l’armement, la responsabilité du marchand d’armes…). Une épice qui donnait une saveur toute particulière à une adaptation de super-héros que personne n’attendait vraiment, du moins pas à l’échelle d’un THE DARK KNIGHT. Et malgré les discrets levers de voile sur les évènements à venir, le sentiment que tout cela n’avance pas assez vite se fait sentir…

C’est peut-être le signe malgré tout, qu’ IRON MAN 2 réussit à combler assez d’attentes et à ne pas donner dans un bas de gamme putassier. Le film reste surtout handicapé par un manque d’audace vis à vis du schéma du premier épisode et un trop plein d’informations dont certaines auraient trouvé une place de choix dans ce dernier. Si sentiment de frustration il y a ,il vient essentiellement de ce que l'auteur de ces lignes salive comme bien d'autres à ce qui est dans son ensemble un des plus jouissifs et réussis projets d'adaptation d'une équipe de super-héros sur écran.
 
D'ailleurs, le tonnerre gronde...

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