"Every great magic trick consists of three parts or acts. The first part is called "The Pledge". The magician shows you something ordinary: a deck of cards, a bird or a man. He shows you this object. Perhaps he asks you to inspect it to see if it is indeed real, unaltered, normal. But of course... it probably isn't. The second act is called "The Turn". The magician takes the ordinary something and makes it do something extraordinary. Now you're looking for the secret... but you won't find it, because of course you're not really looking. You don't really want to know. You want to be fooled. But you wouldn't clap yet. Because making something disappear isn't enough; you have to bring it back. That's why every magic trick has a third act, the hardest part, the part we call "The Prestige"." ouverture du film THE PRESTIGE.
A croire que son trop méconnu PRESTIGE n'aura été q'un échauffement pour Nolan entre deux couches de peinture bien noire sur Batman. Qu'il est taquin n'est-ce pas? On y retrouve son appui fétiche, un héros parcouru de remords, de regrets et tentant de contrôler son monde au risque de s'y perdre. Et surtout son éternel chat du jeu et de la souris, la vision du film ayant été des plus jouissives pour l'auteur de ces lignes n'ayant vu ni bande-annonce, résumé ou quoique que ce soit pouvant me déflorer la découverte. Car INCEPTION, dont il est vain voire criminel de raconter le scénario, est un des plus beaux tours de passe-passe dont on ait été la victime depuis longtemps, grosse production bavarde dont il est fatal de rater une ligne de dialogue, le film fait la somme des oeuvres de Nolan dans sa forme comme dans son fond.
Un scénario original pour un film de 2H30 avec une très grande majorité du casting issu du ciné indépendant ou étranger, sans qu'on puisse déterminer dans quelle catégorie ranger au final le film? Impensable à Hollywood, jusqu'à ce que Nolan pulvérise le box-office avec THE DARK KNIGHT, un film ayant montré qu'avoir les mains libres peut-être un superbe coup de poker artistique et financier. Car ce scénario que le réalisateur trainait avec lui depuis 10 ans est une transfiguration de tout ce qu'il a pu faire auparavant et comme bien des grands films ,une réflexion intrinsèque sur l'imaginaire, la perception et l'action envers ce dernier, son apport... sur le cinéma au final. En gros un vrai film d'auteur, mais avec les moyens de production dignes de ce nom.
A l'image de John Doe le serial-killer/alter-ego du réalisateur David Fincher dans SE7EN, le plan de Nolan sera surtout analysé sans cesse sous toutes ses coutures pendant un bon moment. Inutile d'y chercher la quelconque pseudo-incohérence qui rassurerait le spectateur qui se fait manipuler et vriller le cerveau, quand bien même il croit comprendre, il n'y en a pas. Sauf de fausses pistes que le réalisateur en sadique brillant qu'il est, sème avec délectation. La seule explicaton inattaquable étant finalement la plus insultante...
La meilleure preuve? C'est encore un dialogue, final celui-ci, du
PRESTIGE;
"You never understood, why we did this. The audience knows the truth: the world is simple. It's miserable, solid all the way through. But if you could fool them, even for a second, then you can make them wonder, and then you... then you got to see something really special... you really don't know?... it was... it was the look on their faces..."