HELLHAMMER - Only Death Is Real

Mardi 15 juin 2010 à 22:31

http://www.uekte.fr/images/DSCF6207.jpghttp://www.uekte.fr/images/DSCF6208.jpghttp://www.uekte.fr/images/DSCF6211.jpghttp://www.uekte.fr/images/DSCF6218.jpg
 
Quand CELTIC FROST ressuscita en 2006 avec son album Monotheist, ce fut l'occasion pour Tom Gabriel Fischer (chant/guitare) et Martin Ain (basse) d'assumer le passé d' HELLHAMMER. HELLHAMMER, leur premier groupe qui fut aussi éphémère (deux démos, un EP le tout de 1982 à 1984 sans jamais donner un seul concert) que devenu culte par la suite. Ce qui est surprenant au vu de ce que ce jeune trio bruitiste suisse sachant à peine se servir de ses instruments a pu se prendre dans les dents. Descendu par la presse à mesure des sombres ambitions qui habitaient alors les jeunes membres du groupe, il finit par s'imposer comme une référence underground de plus en plus établie, alors même que CELTIC FROST fut bâti sur ses ruines et que ces mêmes musiciens ne voulaient plus entendre parler de ce qui était à leurs yeux un vrai boulet.

Outre la réédition complète des démos d 'HELLHAMMER, Fischer apporta la dernière pierre au mémorial de son premier groupe avec le bouquin "Only Death Is Real" retraçant la courte existence du groupe et la transition vers CELTIC FROST. En très grande partie rédigé par Fischer lui-même dans le style très franc qu'on lui connait déjà sur son blog, y interviennent, outre Martin Ain, quasiment tous les protagonistes de l'époque. En plus de l'excellent travail fait sur le bouquin en lui-même, il devient vite à travers le récit des diverses galères du groupe (conflits familiaux, problèmes de batteur, rébellion adolescente, enregistrements jamais à la hauteur, presse assassine...) purement et simplement indispensable à l'heure des groupes Myspace interchangeables "j'ai pas sorti cinq titres que j'ai déjà le triple de t-shirts à l'effigie de mon groupe". Le livre parle d'une époque pré-internet où quelques jeunes d'un coin paumé, il y  a plus rock n' roll que la Suisse, pouvait décider de monter un groupe allant changer le monde après avoir écouté en boucle un album de VENOM durement acquis quitte à foutre en l'air leur probable avenir professionnel au nom d'une passion et d'une implication qu'on ne retrouve plus guère aujourd'hui sur disque ou sur scène.
 
This is a book about the real Hellhammer, the essence of that group, the aura it carried, and the truly unique spirit of revolution of the times in which it existed. It is a book about a group of outcasts—about persistence, dedication, and an utterly personal vision. I have worked very hard to make sure it will do justice to the work of a number of very unique people who shared the same ideas at a very unique point in time.”—Tom Gabriel Fischer

NB. Le livre peut se commander via l'éditeur, sinon à un moindre prix sur Amazon. Bonne chasse.

Le Sang des Borgia - Mario PUZO

Jeudi 14 janvier 2010 à 21:53

http://www.uekte.fr/images/9782253108399G.jpg

Les Borgia, la famille la plus sulfureuse de la Renaissance revient sur le devant de la scène depuis quelque temps. Outre une série télé par les créateurs des TUDORS, le patriarche, Rodrigo Borgia, futur Alexandre VI, devient l’ennemi du héros dans le jeu vidéo ASSASSIN’S CREED II. Niveau bande dessinée Jodorowsy y consacre une série ainsi qu’à celui qui fera tomber la dynastie, le cardinal Della Rovere Dumas en son temps avait déjà consacré son œuvre à cette famille dont les noms de la progéniture sont restés célèbres, ne serait-ce que César pour avoir « inspiré » à Machiavel son Prince.

Et comme le hasard fait bien les choses, à défaut de trouver un livre d’histoire sur les Borgia, je découvre que Mario Puzo, dont je venais de finir de revoir l’adaptation filmée du PARRAIN, leur a consacré son dernier roman, au dernier chapitre fini peu après sa mort. Passage éclair au Furet du Nord où le dit-ouvrage finit dans ma besace…pour être dévoré en une semaine.

Car, pour le créateur du PARRAIN, rompu au roman policier auquel il a consacré la quasi-totalité de ses écrits, la famille Borgia était en quelque sorte matricielle. Un prototype historique de la famille Corleone, un clan qui, à ce carrefour historique, politique et religieux que fut la Renaissance, vécut et fit vivre, une tragédie hors-norme que seul l’antique théâtre grec pouvait égaler. Trahisons, complots, assassinats, incestes, guerres de pouvoir et jeux de politique à double tranchant furent pain quotidien au Vatican. La fascination et parfois même l’inclinaison de l’auteur, pour Alexandre VI et ses enfants César, Juan, Geoffroy et Lucrèce, est suintante à chaque page. A travers un style bref sans être elliptique, et n’occultant pas la description des fastes de cette nouvelle Rome décadente, Puzo condense les neufs années mouvementées de ce pontificat. Les prêches enflammés du frère Savonarole, l’épisode du bûcher des vanités est curieusement absent d’ailleurs, envers Rome, la chute de la maison Médicis qui ne survécut pas à Laurent, les rivalités entre cités-états que matera César Borgia dans un grand projet d’unification d’une Italie morcelée sur laquelle lorgnent les souverains espagnols et français, la politique d’alliance faite et défaite via les mariages de ses enfants… Peu de choses ne sont pas présentes dans le récit de l’immense partie d’échec que mena ce souverain pontife montre comme homme de foi sincère et libertin débauché tout à la fois.

Car Puzo, comme dit plus haut, joue avec les images d’épinal, si César et Lucrèce sont présentés comme amants, jamais Alexandre VI ne touche sa fille ainsi que d’autres actes inavouables, contrairement à ce qui fut rapporté notamment dans le journal de Jean Burchard, évoqué moqueusement par le pape et son fils. Geoffroy y est içi, celui qui aurait conduit la fameuse orgie d’octobre 1501, et non César et sa sœur. A l’incarnation d’un débauché ayant pactisé avec le diable, sans en faire un saint non plus, l’auteur y préfère l’image d’un père obsédé jusqu’à son lit de mort par la survie et le bonheur, qu’il a parfois lui-même sacrifié à ce titre, de sa lignée. Fruit de son époque et de ses nombreuses contradictions, Borgia-Alexandre VI y est moins l’incarnation de la débauche suprême du Saint Siège que celui d’un homme d’ambition dont le prix de l’audace et de la réussite seront bien chers à payer…

Roman testamentaire de son auteur, Le Sang Des Borgia est une grande tragédie, incroyable si elle avait été pure fiction, d’autant plus cruelle et choquante qu’elle fut réelle.

Bruno Brazil

Mercredi 5 août 2009 à 9:53

http://www.uekte.fr/images/brunobrazil.jpg

Souvent on se rend pas compte à quel point nos lectures de môme nous marquent. et s'il y a bien un auteur de BD qui m'a marqué de façon indélébile c'est Greg, le papa d' Achille Talon, mais aussi de Bernard Prince, Comanche...mais surtout Bruno Brazil.
 
http://www.uekte.fr/images/brunobrazilcou01.jpg

Bruno Brazil est une série d'espionnage pré-publiée dans le journal Tintin et dessiné par William Vance (XIII entre autres...), dès la fin des années 60. Le premier album Le Requin qui mourut deux fois est dans la lignée classique des serials pré-70's: Bruno Brazil est un agent américain, décontracté, charmeur, un poil cynique sur les bords, ce qui va bientôt devenir un trait prédominant de la série. Si un certain esprit James Bond flotte sur ce premier album, il se transformera bientôt en une sorte de Mission Impossible avec Commando Caïman, le deuxième album voyant la constitution de l'équipe; Big Boy Lafayette, Whip Rafale, Gaucho Moralés, Billy Brazil, jeune frére de Bruno,Texas Bronco...tous coachés par le colonel "L"
 
http://www.uekte.fr/images/brunobrazicou02.jpghttp://www.uekte.fr/images/brunobrazilcouv03.jpghttp://www.uekte.fr/images/brunobrazilcouv04.jpg


Si de Commando.. à La cité pétrifiée la série voit l'équipe se battre contre des criminels purement mégalos et aux moyens dantesques, elle va prendre un tournant avec le dyptique La nuit des chacals et Sarabande à Sacramento. Cette fois-ci les caïmans s'attaquent façon Incorruptibles aux gangs, l'ennemi est cette fois-ci crédible, et déjà une différence se fait sentir dans l'intelligence de Brazil, leader doué et lucide. Courtisé par deux familles de mafiosis dans le second opus, l'équipe va monter celles-ci l'une contre l'autre, les deux chefs repartant libres, Brazil leur ayant montré que leur sénilité et leut amour-propre les a conduit à leur propre perte. Et le tournant de se faire plus que violent avec Des Caïmans dans la rizière, course poursuite pour récupérer une arme de destruction massive japonaise de la dernière guerre et oubliée de tous. Des affrontements qui verront Big Boy tué devant gaucho son meilleur ami...pour rien, l'arme est inutilisable, les deux camps repartent chacun de leur côté avec leur morts. C'est aussi dans cet épisode où l'on voit Brazil balancer laconiquement après s'être débarrassé de ses poursuivants qu'il est rageant qu'on ne leur envoie que des débutants. Choquée d'un tel mépris pour la vie humaine, la journaliste française deviendra sa femme l'inonde d'insultes, avant que Brazil ne finisse par la gifler en lui expliquant que ce qu'il fait n'est pas propre, mais que cela "se passe entre professionnels" et qu'il est là pour éviter qu'un conflit n'éclate et où il sera plus horrible de voir des gosses enrôlés comme soldats. A la fois toute l'humanité et l'implacabilité du personnage éclate en ces pages dessinés par un Vance en grande forme, avant qu'il ne pratique une formule "trois bandes par planche". Un politiquement incorrect  et un cynisme inédit et détonnant pour la littérature pour jeunes de l'époque.
 
http://www.uekte.fr/images/BrunoBrazil528082005.jpghttp://www.uekte.fr/images/BrunoBrazil628082005.jpg

L'album suivant Orages aux Aléoutiennes n'est guère des plus joyeux non plus, tombé dans l'estime des dirigeants de l'agence pour laquelle ils travaillent, les caïmans sont envoyés sur une banale affaire de passagers clandestins vers les USA, au grand dam de "L" qui entend redorer le blason de son équipe. C'est aussi l'arrivée de Tony le Nomade, remplacant de Big Boy, qui comme les autres va vite découvrir que passer des clandestins est loin d'être l'activité principale de ce réseau. L'album se finit sur un ton bien moins désenchanté et laisse voir une série qui repart de plus belle...c'est mal connaître Greg, qui va signer l'une des histoires les plus gonflées qui soit...

http://www.uekte.fr/images/brunobrazilcouv08.jpghttp://www.uekte.fr/images/brunobrazilcouv09.jpg

Quitte ou double pour Alak 6 est le dernier véritable album de la série. Et de loin le plus traumatisant. Piégés, les caïmans voient leurs identités secrètes révélées au grand jour, Texas a été enlevé avec l'homme qu'il était censé récupérer (garant à son insu de plans d'une fusée stratégique). Dans un dernier baroud d'honneur, la course s'enclenche, il n'est plus question de mission, mais de   leur ami, de leur honneur. Les derniers garde-fous tombent, et l'album se conclue dans un final qui ne verra que Bruno et Gaucho survivre, Whip et Tony sont mutilés, Billy, Texas tués dans une explosion. Les chefs de l'agence conclue le sort de l'équipe en se félicitant que les plans ne soeint pas tombés aux mains des "autres", "L" faisant son rapport de façon plus amère à un supérieur qui lui rappellera qu'il n'y qu'au cinéma que les "autres" justement y restent. Et le colonel "L" de conclure d'anticiper et de dire "qu'après tout, ils étaient payés pour ça..."

Une série extraordinaire par sa maturité et son écriture, avec un dessin flamboyant parfois en pleine page chargés de détails, vivants et en pleine osmose avec l'ambiance. Des bandes dessinées que je lis et relis depuis que je suis gosse et que j'adore un peu plus chaque fois. A vous de découvrir ces joyaux oubliés à la fois cool et grave...à l'image des années 60 finissantes et des faussement joyeuses 70's.

La sérié a été rééditée aux éditions du Lombard.

L'AGE DU METAL par Robert Culat

Mardi 16 décembre 2008 à 13:30

http:///fusion/images/cb61maxi.jpg


Il est peu fréquent de se faire dédicacer un livre sur le Metal. Encore moins un livre écrit par un prêtre. Et raretés des raretés, que la dite dédicace se passe durant un concert. Votre Serviteur a pourtant fait les trois en simultané pour l’ouvrage du père Robert Culat « l’Age du Metal » durant le dernier concert parisien d’Opeth.

 

Bouquin quelque peu unique puisque le « Padre Bob » y aborde le genre musical à travers un questionnaire distribué à une population métalleuse de France et de Navarre dont les 500 réponses mettent largement à mal le cliché de l’adolescent sataniste mal dans sa peau. Et qui constitue la première partie du livre où les statistiques sont décortiquées et commentées par Culat ; les analyses paraitront parfois sommaires su strict point de vue méthodologique mais elles n’en restent pas moins largement originales et pertinentes. Reste que la lecture d’autant de décryptage de chiffres peut lasser…

La deuxième partie du bouquin est constituée d’annexes indépendantes les unes des autres et pas toujours rédigées par le Padre Bob. On y retrouve des articles écrits par le prêtre dans des magazines chrétiens, comme les interviews qu’il a pu donner pour les sites Metal Postchrist ou VS Webzine. Y sont également présents des présentations des différents styles du Metal, des analyses de pochettes, de textes de chanson…De façon un peu éclatée toutes ces annexes sont office de présentation du genre au sens large au néophyte. Quoique bien des fans y apprendront également quelque chose…

 

Au final, le livre du père Robert Culat n’est pas non plus exempt de défaut ; parfois fastidieux et sans grand fil rouge qui aurait pu en faire un modèle du genre, le bouquin s’égare parfois ou se répète. Mais l'enthousiasme de l'auteur pour le sujet; l'ouverture d'esprit et la culture ayant participé à sa création en font néanmoins une lecture recommandée, notamment pour un public néophyte. Et plus spécialement celui étant réfractaire au Metal.

Myspace du Padre Bob.

L' ANGELUS DE MIDI - Manu Larcenet

Mercredi 1er octobre 2008 à 20:40



Pour les amateurs du dernier album de TRUST et autres imbéciles, une mise au point s'impose ; j'adore Manu Larcenet. Les plus éclairés de mes lecteurs l'auront noté depuis longtemps pour deux raisons ;primo par tout le bien que j'ai pu dire du deuxième tome des aventures de Nic Oumouk, secundo ; ben parce que le site du dit Larcenet se trouve dans mes liens sous le titre affectueux « Copain Manu ».

Et justement le Larcenet nouveau est arrivé ; chez  Les Réveurs, il y avait déjà sorti « Critixman »,dédié à cet esthète imaginaire de la BD qui le harcelait. Et maintenant c'est au tour  de Pedro-Joao Himmelkopf, psychologue diplômé de Tijuana (Mexico) qui se penche sur la crise de la quarantaine dans ce premier volume. Son spécimen d'étude ? A votre avis….

Autant dire que lorsque mon regard se posa amoureusement sur ce volume à Gibert, il ne fallut pas longtemps pour sortir la Gold et repartir avec. Sachant que la lecture entamée dans le métro fut vite achevée à mon lieu de vie. Alors oui, c'est bref. Mais intense. D'autant que ne peut pas vraiment appeler ça une BD classique, pas mal de texte accompagné de dessin plus qu'autre chose, mais c'est d'un savoureux mes enfants. Ce n'est pas compliqué, il y avait un fumet de Desproges dans ce hors d'œuvre. Hé ouais carrément. Un peu de tout y passe ; les enfants, Godard, les bouquins des autres qui complexent l'auteur…et une blague antisémite pour détendre l'atmosphère.

Arrivé à cette ligne vous devriez déjà être en train de le lire, bande de chenapans.

Serviteur.

<< Page précédente | 1 | 2 | Page suivante >>

Créer un podcast