
Est-il pour autant oublié, cette autre tête de chou ? Du tout, la commémoration de sa mort il y a quelque temps ayant donné lieu à une publication intégrale de ses textes prouve bien que non, de même que la chaîne de ses vidéos créée il y a peu sur Dailymotion, où plusieurs artistes reprennent des passages de ses sketchs. En plus donc, de certains morceaux choisis de l’artiste, notamment « les juifs ».
Dont les commentaires ont été fermés au public.
Ce regrettable état de fait étant dû à des personnes dont la simple existence, rappelée par leurs consternants commentaires, nous font trouver encore plus regrettable que leurs parents aient si mal lu le mode d’emploi de la capote anglaise ou de la pilule dite du lendemain. Car oui aujourd’hui, de sinistres guignols, ceux constituant la minorité brâmante faisant honte à toute assemblée humaine organisée autour d’un même sujet, de ceux dont la bêtise salope tout ce qu’elle tâche, n’ont trouvé rien de mieux que de se rattacher à l’ami Pierre. S’en servant à tort et à travers, ces chantres d’une liberté d’expression dont la seule mention dans leurs bouches lui fait perdre tout son charme, prenne le grand Desproges de leurs mains dégueulasses pour le dresser à l’envie tel un mètre étalon, que leur courage de philosophes de canapé leur dicte d’apposer à tout ce dont ils pensent être les justes juges.
Les cons.
Espérant lutter contre un monde immaculé, celui-même que blanchissent leurs esprits étriqués sans retirer les tâches, car le cannibalisme n’est pas leur fort, ils passent à côté de toute la beauté désespérée du maître. Oui beauté, car le maestro chantait ses saillies humoristiques, il ne feulait pas lui, il savait parler. Les mots, il aimait ça, il les maniait avec respect et bonheur, et maintenant j’écoute du « Desproges » comme on écouterait Brel, Brassens, ou même du jazz tiens. Mais plus que de longs discours laissons-lui la parole, quand il parlait de Paolo Conte.
Paolo Conte nous arrive comme un cheveu sur la soupe. Un cheveu d'or sur la soupe à la grimace. En pleine apogée de l'hystérie bramante où le décérébré spasmodique nous éjacule aux oreilles les giclées d'immondices anglomaniaques de sa consternante indigence, voici que nous vient, à cheval sur un tabouret de bar prémussolinien, ce Piémontais grave et lent, tout habillé gris sobre de distinguée nostalgie. Loin des fureurs vulgaires des modes mort-nées, Paolo Conte chante la chanson folle et frivole des années qu'il pleure. Il dit le goût défait des curaçaos amers et des rumbas éteintes. C'est une voix crépusculaire de vraie virilité. Insolente de facilité. Profonde et sereine, charriant des graviers roses au bord de se briser. Il chante, et la femme amoureuse de l'amour frissonne au creux du cou. Et le rocker fluet, accablé par tant de beauté, meurt terrassé d'humiliation sous sa prothèse électronique. Paolo Conte chante. Esthétiquement c'est beau. Moralement, comme toute insulte à la médiocrité, c'est une bonne action.
On pourrait remplacer le nom du chanteur transalpin par celui du rigolo procureur sous la robe duquel je vous raconte pas.







Double signe de reconnaissance; un magazine dédié au phénomène et Astier, symbole français du genre en couverture




