Qu'il est dur d'être aimé par des c....

Samedi 20 mars 2010 à 18:17

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Desproges n’est aujourd’hui nulle part dans les sempiternelles émissions d’hommage aux comiques de tout bord, souvent celui des toilettes d’ailleurs, mais c’est un autre débat. Tout au plus figure-t’il aux cotés de ses anciens camarades de jeu.

Est-il pour autant oublié, cette autre tête de chou ? Du tout, la commémoration de sa mort il y a quelque temps ayant donné lieu à une publication intégrale de ses textes prouve bien que non, de même que la chaîne de ses vidéos créée il y a peu sur Dailymotion, où plusieurs artistes reprennent des passages de ses sketchs. En plus donc, de certains morceaux choisis de l’artiste, notamment « les juifs ».

Dont les commentaires ont été fermés au public.

Ce regrettable état de fait étant dû à des personnes dont la simple existence, rappelée par leurs consternants commentaires, nous font trouver encore plus regrettable que leurs parents aient si mal lu le mode d’emploi de la capote anglaise ou de la pilule dite du lendemain. Car oui aujourd’hui, de sinistres guignols, ceux constituant la minorité brâmante faisant honte à toute assemblée humaine organisée autour d’un même sujet, de ceux dont la bêtise salope tout ce qu’elle tâche, n’ont trouvé rien de mieux que de se rattacher à l’ami Pierre. S’en servant à tort et à travers, ces chantres d’une liberté d’expression dont la seule mention dans leurs bouches lui fait perdre tout son charme, prenne le grand Desproges de leurs mains dégueulasses pour le dresser à l’envie tel un mètre étalon, que leur courage de philosophes de canapé leur dicte d’apposer à tout ce dont ils pensent être les justes juges.

Les cons.

Espérant lutter contre un monde immaculé, celui-même que blanchissent leurs esprits étriqués sans retirer les tâches, car le cannibalisme n’est pas leur fort, ils passent à côté de toute la beauté désespérée du maître. Oui beauté, car le maestro chantait ses saillies humoristiques, il ne feulait pas lui, il savait parler. Les mots, il aimait ça, il les maniait avec respect et bonheur, et maintenant j’écoute du « Desproges » comme on écouterait Brel, Brassens, ou même du jazz tiens. Mais plus que de longs discours laissons-lui la parole, quand il parlait de Paolo Conte.

Paolo Conte nous arrive comme un cheveu sur la soupe. Un cheveu d'or sur la soupe à la grimace. En pleine apogée de l'hystérie bramante où le décérébré spasmodique nous éjacule aux oreilles les giclées d'immondices anglomaniaques de sa consternante indigence, voici que nous vient, à cheval sur un tabouret de bar prémussolinien, ce Piémontais grave et lent, tout habillé gris sobre de distinguée nostalgie. Loin des fureurs vulgaires des modes mort-nées, Paolo Conte chante la chanson folle et frivole des années qu'il pleure. Il dit le goût défait des curaçaos amers et des rumbas éteintes. C'est une voix crépusculaire de vraie virilité. Insolente de facilité. Profonde et sereine, charriant des graviers roses au bord de se briser. Il chante, et la femme amoureuse de l'amour frissonne au creux du cou. Et le rocker fluet, accablé par tant de beauté, meurt terrassé d'humiliation sous sa prothèse électronique. Paolo Conte chante. Esthétiquement c'est beau. Moralement, comme toute insulte à la médiocrité, c'est une bonne action.

On pourrait remplacer le nom du chanteur transalpin par celui du rigolo procureur sous la robe duquel je vous raconte pas.

GEEK ou la revanche des binoclards

Samedi 23 janvier 2010 à 9:36

« GEEK » ou la revanche des binoclards Quand est sorti MATRIX en 1999, on imaginait alors encore mal à quel point le film, véritable digestion du manga, de l’informatique, de Baudrillard et des films de Hong-Kong allait inaugurer les années 2000 comme étant les années « Geek » pour le meilleur… et sans aller jusqu’au pire, à une certaine déception.

Restons sur l’exception culturelle française. C’est quoi un « geek » ? Hé bien c’est quelque chose d’assez récent en fait, et avec l’apparition de ce terme, la reconnaissance. Car dans les années 80-90, on parlait davantage des « intellos » des « binoclards », de ceux qui, déçus ou rejetés, souvent lors de la période collège/lycée où le besoin d’appartenance à un groupe est très fort, se réfugiaient dans les comics, les lectures d’Héroïc-Fantasy, les jeux de cartes, de rôles, de plateau, le cinéma, souvent de « genre », l’informatique... Et j’en oublie certainement. Mais dans tous les cas de figure, un plongeon dans une passion très forte pour un domaine culturel peu, voire pas du tout, prisé de la majorité. Le côté quelque autiste de cette attitude était souvent d’autant plus fort à l’époque qu’Internet n’était pas encore ce qu’il est actuellement, et en dehors de grands centres urbains, on se sentait souvent très seul…
 
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Ne pas oublier que le Geek est polymorphe...

Car le « Geek » est expansif, si chaque domaine de découverte en amène un autre, ces mêmes découvertes ne demandent qu’à être partagées par ceux qui les vivent. Et la suite on la connait, l’arrivée du Net dans les foyers a changé la donne, une population touchant déjà de loin ou de près à l’informatique y a vu un excellent moyen d’y vivre sa passion sans la pression sociale.

Parce que pour une certaine génération, il ne faisait pas bon être amateur de mangas, jeux de rôles… dans notre belle France. Outre des médias jamais rassasiés d’émissions racoleuses et démagogiques, une certaine frange de personnalités publiques a trouvé dans la « dénonciation » de ces passions chez les jeunes, un bon moyen de se faire entendre. Pervers, nazis, sectaires…On a tout entendu, tout lu. Les témoignages à ce sujet dans le documentaire « Suck my geek ! » sont assez éloquents.
 
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C'est le pire article que j'ai jamais lu...

Et s’il n’est plus traqué, le « Geek » reste en France une « non-communauté culturelle », ignorée sauf en cas de sécheresse journalistique pour montrer des trentenaires déguisés en chevaliers du zodiaque, par une bonne partie des médias. En revanche économiquement, l’adoubement est fait depuis longtemps. Un exemple, pour quelqu’un comme moi qui n’a pu commencer à lire les mangas Dragon Ball que quasiment dix ans après les débuts télévisées de la série en France, voir aujourd’hui des étalages de mangas presque aussi imposants que ceux des rayons de BD franco-belge…Hé bien cela fait étrange à réaliser. 
 
http://www.uekte.fr/images/geekmagazine32bis.jpgDouble signe de reconnaissance; un magazine dédié au phénomène et Astier, symbole français du genre en couverture

D’autant que finalement, est-ce que quelque chose ne s’est pas légèrement perdu en cours de route ? Objet de moquerie et de rejet, le « Geek » est aujourd’hui sexy…surtout auprès des commerciaux à défaut du reste de la société française, pourtant de plus en plus de magazines se consacrent au sujet. Est-ce qu’avoir un blog au CSS plus élaboré que la moyenne et passer 5 heures par jour sur MSN, Facebook, Twitter, suffit « à en être un ?». Une tendinite chopée à Guitar Zero est-il un signe de reconnaissance ? Traiter de « noob » tout nouvel arrivant sur un chat ou un jeu en ligne fait-il de son auteur un initié ? De bouffer du drama anémique jusqu’à plus soif ?
 
Aujourd’hui bien des affiliés « geek » rejettent même cette étiquette, devenue trop réductrice. Il reste qu’aujourd’hui comme hier ce qui fait la différence est la passion, pas la mode. What else ?

Manifeste

Dimanche 13 septembre 2009 à 0:09

Ceux ayant vu PRESQUE CELEBRE n’auront pas manqué ce passage où Kate Hudson, jouant Penny Lane le rôle de sa vie, assure à William, le jeune rock-critic, que dès que le moral est en berne, il n’y à qu’à aller chez un disquaire ; là où l’on à que des amis…

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Je confesse que des disquaires me laissant planté devant une platine à inter-changer des disques toute une après-midi pour noyer un blues à faire pleurer le plus miteux des vieux noirs aveugles gratteurs de six-cordes paumés au fond du bayou, j’en connais pas des légions. J’aurais plus de chances d’arriver à faire venir un plombier en cinq minutes.

Pourtant la pile de vinyles et de cds emmagasinés depuis deux semaines compensent largement ça…Achetés d’occasion ou neufs à Gibert Jospeh, Souffle Continu…et plus récemment eBay depuis que je me suis mis en tête de posséder tout ce que le groupe BLUT AUS NORD a pu sortir. Si je dois verser dans la collectionnite aiguë et dépensière, autant que je m’y adonne en premier lieu envers ce groupe pour lequel je voue un culte avec une ferveur que même Al-Quaïda trouverait déplacée.

On se pose souvent la question ; à quoi bon ? C’est une saine chose que de se le demander régulièrement. Ce qui l’est moins c’est de ne pas avoir de réponses. Et des réponses, moi j’en ai. Je fixe un cyclope à l’œil lumineux où j’écris des mots qui n’ont de sens que pour moi, je n’écris pas pour les autres. Les aléas des relations humaines ? Pourquoi m’en soucier; j’ai un toit, un métier, et surtout des disques que j’ai traqué, et obtenu sans compter. Pourvu que je sache qu’ils m’attendent. Je passe mes soirées entouré de musique, griffonnant sans cesse des carnets sur ce que j’écoute ou encore sur le Diable et musique rock, un essai dont je traînais l’idée depuis un moment. Je me pose plus de questions sur savoir dans quel ordre écouter mes derniers achats que de savoir quand enfin se décider à remplir le frigo. Je suis le summum du « uncool » que décrit le Lester Bangs fictionnel de…PRESQUE CELEBRE. Encore ! Normal il est de ces choses qui n’ont jamais raison à moitié, un bon disque ou un bon film.

Je disais ne pas écrire pour les autres. Pieu mensonge. Un jour, quelqu’un lors d’une fin de soirée dans un bar parisien, m’a dit après avoir eu connaissance de mon blog, « mec, t’es comme le mec de cinéma de quartier, là [Jean-Pierre Dionnet], tu peux parler de n’importe quelle merde, tu donnes envie de l’écouter rien que pour se sentir un peu comme toi ». Voilà ce que m’avait dit ce chevelu tout en cuir et en bière éventée fut la plus belle montée au pinacle qu’on m’ait faite. A un moment ou à un autre, j’ai DONNE l’envie à quelqu’un d’écouter de la musique Non, pas de la musique, CETTE musique, celle là même qui ne te quitte plus, que tu as découverte au moment où tu avais besoin de l’entendre ELLE.

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J’adore John Peel. J’ai récemment relu sa biogaphie par Mick Wall (disponible en anglais chez Orion, à acheter pour une bouchée de pain sur Amazon), et je voulais mettre cette photo de lui. A cause des disques, il avait l’une des plus belles collections au monde, et parce qu’il était un survivant de ce qu’un film comme GOOD MORNING ENGLAND, montre trop vite comme sous naphtaline 60’s ; un dj passionné qui croyait au pouvoir de la musique. Un type capable de dédier du temps à JOY DIVISION comme à CARCASS, parce qu’il sent le « truc » qui fait que le groupe comptera. Certains minets parisiens déforment leur slim en s’imaginant en Mick Jagger mourrant jeune, moi je veux finir en bon vieux geek bedonnant un grand sourire aux lèvres qui sait très bien ce qu’il vaut. Une image un chouia confortable et manquant d’ambition diront certains, un job à plein temps rétorquerais-je, celui de ne jamais laisser la flamme s’éteindre. D’être celui qui délaisse sa guitare pour écouter les riffs des autres, oui mais pour les aimer plus que leurs propres géniteurs ne le feront, parce qu’ils m’auront apporté un « sens ». 

Je disais plus haut qu’on se posait souvent la question « à quoi bon ? ». J’ai ma réponse pour aujourd’hui. Aujourd’hui qui avait mal débuté. J’ai décidé de réécouter le Memoria Vetusta I Fathers of the Icy Ages de BLUT AUS NORD (encore ! bis repetita…), que j’ai récemment acquis en picture vinyl. Le moral dans les rangers, j’ai redécouvert un disque vital pour moi. C’était comme revivre sa première fois mais ce coup-ci avec toutes les cartes en main. J’ai profité de chaque moment que j’avais négligé, parcouru à nouveaux ces contrées que je pensais connaître. Vu à travers des yeux nouveaux ce qui est peut-être une des plus majestueuses pièces de Black Metal, jouant à armes égales avec ses ainés, EMPEROR et BURZUM en tête. J’ai senti à nouveau le frisson originel, semblant possédé par d’infimes moments comme ce passage en voix claire que je n’avais jamais vraiment remarqué, qui est beau et menaçant comme le dernier rayon du soleil couchant au creux d’une vallée bientôt rendue aux ténébres.

Pour ça, oui. Ca valait le coup de se lever et d’affronter un jour de plus.

Grâce à tout un tas de facteurs que je ne prendrais pas la peine de détailler ici, je peux profiter de façon assez large des concerts qui ont lieu sur la capitale. Même si depuis quelque temps je m'y rends moins. Mais passons. Ca pourrait paraitre étonnant pour ceux qui me connaissent; moi si peu enclin à la compagnie des autres, m'enfermer avec mes semblables puant la sueur, la bière et le cuir humide. Sans parler que dans le petit monde du Metal Extreme, notamment parisien, on applaudit les bras croisés et on est misanthrope en s'entassant comme des veaux à l'abattoir cancérigène dans les espaces fumeurs, qui entretiennent de plus en plus de points communs avec certaines installations qu'on retrouvait il y soixante ans en Pologne.

Sauf qu'ici ils sont non seulement volontaires mais en plus ils payent leur poison. Gag.
  
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Mais un détail m'a fait sortir de ma réserve habituelle, lorsque je suis sorti du premier concert parisien donné par METALLICA , c'est d'entendre un jeune con interviewé dire qu'il avait plus de voix et qu'il avait les oreilles explosées. Comprendre des sifflements. C'est pas grave ,après tout il a passé une bonne soirée. Mais il est également possible que les dits sifflements persistent, et si après 48h il n'est pas passé aux urgences, il a intérêt à aimer le son du sifflement parce qu'il risque de passer sa vie avec son nouveau compagnon; acouphène.

Ha qu'elle est belle cette jeunesse insouciante se faisant pilonner les oreilles avec la douceur de Rocco pour la jeune débutante. Aller le sourire aux lèvres se faire défoncer les cages à miel et payer pour ça. Il faut dire que les salles de concert et autres n'aident pas forcément. Le décret n°98-1143 du 15 décembre 1998 (consolidé le 16 octobre 2007) y limite le niveau sonore à 105 Db(A) avec des crêtes à 120 Db(A). Mais ça correspond à quoi? Hé bien en gros à ca;
 

PRESSION ACOUSTIQUE Pascal (Pa)

NIVEAU DE PRESSION SONORE dB (A)

SENSATION SONORE IMPRESSION SUBJECTIVE

NATURE DES BRUITS

< 2 .10-5

< 0

Imperceptible

Chambre sourde

2 .10-5

0

Seuil d'audibilité

Test d'audiométrie

6,3 .10-5

10

Silencieux

Studio d'enregistrement

2 .10-4

20

Très calme

Voilier, jardin, grotte

6,3 .10-4

30

Calme

Chambre à coucher, voix basse

2 . 10-3

40

Calme

Bureau ou appart. Calme voix normale

6,3 . 10-3

50

Modéré

Bureau ou appart. bruyant voix normale

2 . 10-2

60

Supportable

Appart + télé, voix forte

6,3 . 10-2

70

Bruyant, fort

Rue passagère

2 . 10-1

80

Fort, pénible

Gare, ateliers

6,3 . 10-1

90

Lésions si 8H/jour

Mécanique, tissage

2,00

100

Très intense

Presse, motos, décolletage

6,30

110

Insupportable

Riveteuse, marteau pilon

20

120

Assourdissant

Pas de conversation, discothèque, concert

63

130

Seuil de douleur, troubles, surdité

Réacteur


Tout de suite ça calme un peu...
 
Il faut savoir que c'est à partir de 75 Db(A) que le bruit devient pénible et 85 Db(A) pour que des lésions puissent apparaitre. Le piège est que nous ne sommes pas égaux face à l'exposition au bruit et certains le supporteront mieux que d'autres. Mais ça ne veut dire aucunement que des dégats ne se feront pas.

Les solutions? Personnellement pour les concerts j'utilise les protections Quies.
 

http://www.uekte.fr/images/46261041.jpg

Pas que j'ai des actions chez eux, mais leurs produits ont toujours été de qualité et amplement suffisants. Sinon il est possible que je passe bientôt à la vitesse supérieure et aille voir un audioprothésiste pour une protection moulée sur mesure en silicone. La paire est dans les 130 euros. Oui c'est cher, mais je pense que ce n'est pas un mauvais investissement. Ecoutant beaucoup de musique et jouant d'un instrument, j'essaye de prendre des casques de bonne qualité, Sennheiser, à partir du modèle HD 205.  Pour un usage plus courant, un Koss classique.

La protection auditive passe aussi par certaines règles; je n'écoute pas de musique dans le métro (volume trop fort pour couvrir les bruits de la rame) et même parfois dans la rue (circulation) sous peine de faire de ce que j'écoute un simple rempart comme le monde extérieur. Ni mon amour de la musique et mes oreilles n'en ressortent gagnants.

Tout ça n'a l'air de rien, et j'attends déjà (pour vous dire à quel point j'ai une bonne ouïe) les protestations des pleureuses. Les sifflements ont pas continué, je peux pas profiter du concert, je mets du coton dans mes oreilles, etc, etc...Deezer avait pendant un temps mené une très bonne campagne il y a quelques mois à ce sujet. Mais comme d'habitude la génération I-pod n'écoute pas, elle entend...de moins en moins.

Bucher pour un Starbuck

Mercredi 3 décembre 2008 à 10:18

Quelque chose qui m’avait marqué dans un trajet pour Londres à bord d’un RER du cru, est cette pratique du « Take-away ». Approximativement « à emporter » pour les moins anglophones de mes pourtant méritants lecteurs. S’ils le font souvent à midi pour le déjeuner c’est surtout en matinée, dans les transports où nombreux sont ceux avec leur thermos renfermant le salutaire café. Et non pas de la sauce à la menthe, cochons de français !

 

http:///fusion/images/starbuckscup.jpg

Bref, l’autre matin, je sors de Châtelet dans cette désormais fraicheur matinale qui baigne la capitale et plus particulièrement en bord de Seine. Le jour pas encore levé et le parisien de même. Le pied en somme. Au moins je ne poireauterais pas au Starbuck près de la Sorbonne. La passionnante aventure de commander un café à des employés de fast-food au petit matin peut donner lieu à mille calembours à rendre vert Goscinny, Desproges et Franquin réunis. Mais là non.
 

Le café de la semaine dans la poigne droite le badge Navigo dans la gauche, je passe le portique du Métro, puis remet l’un dans ma poche et porte le suivant à mes lèvres. Rassurez-vous je ne me suis pas trompé dans l’ordre.

 

C’est alors que bien tassé sur un strapontin, alors même que je déguste mon café et le peu de population autour de mon auguste personne, je pressens qu’il se trame un je-ne-sais-quoi de pas très net, comme un poids dans l’atmosphère. Pour résumer, il y a une couille dans le pâté.

 

J’ai l’œil de Moscou sur moi. La plupart des personnes dans la rame semblent me vouer silencieusement aux gémonies. Pour un peu j’entendrais entre deux ballotements bruyants, les « kss kss » accompagnés du majeur et du petit doigt dressés en ma direction, tandis que les autres sont fermement repliés. Tout ça parce que je consomme un café dans un transport en commun.
 

http:///fusion/images/rabelaisportrait1179760855.gif


Ha Rabelais, toi dont j’ai lu le nom au plafond de cette station où je suis monté dans ce train d’infamie. Tu serais bien marri, toi qui voyais l’origine du nom cette ville dans le défoulement urinoire d’un géant. Toi qui conjuguais en cette hardie saillie la finesse de l’esprit latin et la bonhommie bien gauloise…l’âme de la France, quoi ! Aujourd’hui il ne nous reste que la pédance parigote d’un Beigbeder et le gras d’un Cauet indigeste. Et entre les deux, un esprit frileux et parpaillot, frustre et coincé, le plus sordide de tous, celui pour qui derrière la devanture bourgeoise de bon ton, s’entrechoquent les pensées dégueulasses des rabougris de la vie.

 

Monde de merde.

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