
1998, les grands albums de la seconde vague Black Metal ont vu le jour. Voilà quatre ans qu’est sorti De Mysteriis Dom Sathanas de MAYHEM, après la mort du guitariste Euronymous, assassiné par Vikernes, désormais emprisonné. La messe noire semble être dite, le style est prêt à être embaumé par les suiveurs… Pourtant dans le ventre de la bête immonde, ça bouge encore, surtout en Suède chez les frères ennemis des norvégiens qui ont concrétisé le style.
C’est ainsi que Daniel Rosten et Tore Stjerna sous les charmants pseudonymes respectifs de Arioch et Necromorbus se décident de sortir le premier EP d’un groupe dont ni l’un ni l’un ne sont les instigateurs mais dont ils sont devenus seuls et uniques maitres à bord, FUNERAL MIST. Et les racines du mal se font déjà coriaces. La production est crue sans être salopée au nom d’une pseudo-éthique underground, batterie et guitares sont à fond de cale sans oublier de varier les riffs ou de développer des ambiances, qui sont d’ailleurs des plus occultes allant au-delà de la stupide et stérile provocation qui inonde déjà la scène de l’époque. Le groupe intercale des éléments alors peu communs pour le genre : voix trafiquée (« Bringer of terror » ) , solo de batterie (« The God Supreme »), artwork plus élaborée que la moyenne…
Arioch/Mortuus, figure de proue de la scène par sa voix de possédé et des prestations où le monsieur n'est pas là pour se faire des potes.Allant au-delà des clivages, l’EP donnera peu à peu corps, avec d’autres disques, comme le Mystérion Tés Anomias d’OFERMOD sorti la même année, au Black Metal Orthodoxe. Un genre à l’étiquette créée a posteriori par les journalistes dont Stjerna sera l’architecte sonore à travers son Necromorbus Studio avec les futurs albums d’ONDSKAPT, de WATAIN, dont il est quasiment un membre… ou de FUNERAL MIST.
Arioch continuera à faire vivre le groupe d’abord autour d’un véritable line-up qui accouchera 2003 du brûlot culte, Salvation, qui transcende toutes les bases posées dans Devilry, puis seul il élaborera le controversé Maranthana en 2009, où la force de frappe laisse place à une Célébration Inversée des plus glaçantes. Et en bon partageur, il contaminera aussi MARDUK dont il est le frontman depuis 2004 et dont le style se rapproche désormais de plus en plus de FUNERAL MIST, toutes époques confondues.
L'EP, désormais réédité par Norma Evangelium Diaboli comprend désormais la démo Havoc en face B ainsi que l'inédit "Hellspell 2"Devilry demeure le témoignage au fer rouge d’un mouvement qui s’amorce, parfois dans la maladresse, mais toujours dans une volonté implacable de s’imposer. Douze ans après sa sortie, cet EP renvoie encore des concurrents dans les cordes en moins d’un round.
Ecoute intégrale de l'EP.
Ecoute intégrale de l'EP.











