FUNERAL MIST - Devilry

Mardi 24 août 2010 à 20:09

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1998, les grands albums de la seconde vague Black Metal ont vu le jour. Voilà quatre ans qu’est sorti De Mysteriis Dom Sathanas de MAYHEM, après la mort du guitariste Euronymous, assassiné par Vikernes, désormais emprisonné. La messe noire semble être dite, le style est prêt à être embaumé par les suiveurs… Pourtant dans le ventre de la bête immonde, ça bouge encore, surtout en Suède chez les frères ennemis des norvégiens qui ont concrétisé le style.

C’est ainsi que Daniel Rosten et Tore Stjerna sous les charmants pseudonymes respectifs de Arioch et Necromorbus se décident de sortir le premier EP d’un groupe dont ni l’un ni l’un ne sont les instigateurs mais dont ils sont devenus seuls et uniques maitres à bord, FUNERAL MIST. Et les racines du mal se font déjà coriaces. La production est crue sans être salopée au nom d’une pseudo-éthique underground, batterie et guitares sont à fond de cale sans oublier de varier les riffs ou de développer des ambiances, qui sont d’ailleurs des plus occultes allant au-delà de la stupide et stérile provocation qui inonde déjà la scène de l’époque. Le groupe intercale des éléments alors peu communs pour le genre : voix trafiquée (« Bringer of terror » ) , solo de batterie (« The God Supreme »), artwork plus élaborée que la moyenne…
 
http://www.uekte.fr/images/Metalmania2008MardukMortuus03.jpgArioch/Mortuus, figure de proue de la scène par sa voix de possédé et des prestations où le monsieur n'est pas là pour se faire des potes.

Allant au-delà des clivages, l’EP donnera peu à peu corps, avec d’autres disques, comme le Mystérion Tés Anomias d’OFERMOD sorti la même année, au Black Metal Orthodoxe. Un genre à l’étiquette créée a posteriori par les journalistes dont Stjerna sera l’architecte sonore à travers son Necromorbus Studio avec les futurs albums d’ONDSKAPT, de WATAIN, dont il est quasiment un membre… ou de FUNERAL MIST.

Arioch continuera à faire vivre le groupe d’abord autour d’un véritable line-up qui accouchera 2003 du brûlot culte, Salvation, qui transcende toutes les bases posées dans Devilry, puis seul il élaborera le controversé Maranthana en 2009, où la force de frappe laisse place à une Célébration Inversée des plus glaçantes. Et en bon partageur, il contaminera aussi MARDUK dont il est le frontman depuis 2004 et dont le style se rapproche désormais de plus en plus de FUNERAL MIST, toutes époques confondues.
 

http://www.uekte.fr/images/DSCF6462.jpgL'EP, désormais réédité par Norma Evangelium Diaboli comprend désormais la démo Havoc en face B ainsi que l'inédit "Hellspell 2"

Devilry demeure le témoignage au fer rouge d’un mouvement qui s’amorce, parfois dans la maladresse, mais toujours dans une volonté implacable de s’imposer. Douze ans après sa sortie, cet EP renvoie encore des concurrents dans les cordes en moins d’un round.

Ecoute intégrale de l'EP.

Graveyard On My Blue Suede Shoes...

Mardi 10 août 2010 à 13:03

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Deezer peut avoir du bon. Si, si, je vous l'assure. Et je l'affirme avec d'autant plus d'assurance puisqu'après le The Threshingfloor de WOVEN HAND mis en page d'acceuil, c'est le nouvel album de DAX RIGGS, Say Goodnight to the World qui est mis en vedette.

Kicéça Dax Riggs? Hé bien, ce jeune homme plein d'entrain a été le chanteur d'ACID BATH, groupe séminal de Sludge de Louisiane, digne de figurer au panthéon du genre à côté de EYEHATEGOD et CROWBAR. Deux albums (When The Kite String Pops et Pagan Terrorism tactics) seulement pour une carrière freinée net par la mort de leur bassiste. Par la suite, Riggs a fait partie d'AGENTS OF OBLIVION et de DEADBOY OF THE ELEPHANTMEN, délaissant de plus en plus les oripeaux métalliques et rageurs de ses débuts pour ne laisser survivre et se répandre un Blues-Rock suintant bon les marécages de Floride à la pleine lune et le spleen patiné d'humour noir de celui que la vie roule une fois de plus. Juste par jeu.

De toute façon rien que pour la reprise d'"Heartbreak Hotel" rendant enfin justice aux intentions d'origine (la chanson est inspiré d'un vieux Blues, "Early in the morning Baby" et d'une véritable lettre laissée après un suicide), le disque vaut le coup d'oreille.

Niklas speaking...

Dimanche 8 août 2010 à 12:32

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Oooh look at all the pathetic black clad wannabees running off to buy the new Shining album.

Yeah! Within the framework of our scene, this shit’s the latest thing! Something to take a stand for, right? Something new and all so evil. I mean – shit, what could possibly be more cruel than suicide, right? What you ignorant little fucks don’t seem to be getting, though, what oh so few of you seem to realize at all, is that this is no fucking joke. Far too many of you haven’t questioned yourselves nearly enough to deserve to pretend to feel at home with this music. And honestly, most of YOU are even more degenerate and shallow than the commercial means you pride yourself sooo for hating. Hate. You don’t know what real hatred is and consequently horror is just a joke for you. In reality, your vanity IS horror.

Just think of all the putrid decadence and inner ugliness passed down genetically to all of us. We’re all potential child rapists, flaming homosexuals, murderers, thieves – any other egocentric dung you could think of. And as much as it might appeal to YOU to support all this, in essence – our "nature" – it’s just pathetic since you’d shit in your fucking panties if confronted to the real world out there.

And what is with you fucking morons, dissing men like Eminem and Manson – what??? Is that jealousy due to the fact of them bringing this shit to the masses without pretensions of style? I mean at least in their case the audience reflects the artists, right, which is something that can’t be said for Shining, now, is it? So take a long good look at yourself, because MAYBE Shining isn’t really YOUR thing. Maybe, you should just turn on the radio and forget all about these obscure releases you have to buy in order to listen to.

And maybe you should just give the fuck up understanding the perspectives of schizophrenics and psychos making art just to destroy the minds of stupid little kids with too big allowances. Shining’s not into building an army. Shining’s not a promise for the future. Shining’s just the pain of being human here and now. If you’re into the whole organized misanthropy thing, I suggest you go for shit like Dimmu Borgir instead.

Anyway. On behalf of Shining and Selbstmord Services it’s my honor to extend a general death wish to all of you fucking weaklings.

Ahh. Fuck you.


Charmant spoken word ouvrant le quatrième album de SHINING, combo suédois centré autour de Niklas Kvarforth entouré de musiciens changeant sensiblement à chaque album. Sa "toolbox" comme il les nomme affectueusement. A partir de ce quatrième opus, et encore plus le cinquième, dont même ma charmante ex-femme trouvait bien des qualités alors qu'elle n'appréciait nullement le Metal, SHINING a délaissé le strict Black Metal de ses débuts et a versé dans un style qui pourrait lui valoir sans peine l'étiquette d'un OPETH sombre, barré et cradingue.
 
Rajoutez à ça les provocations qui n'excitent que les collègiens trouvant un nouveau vilain qui font suer les parents et font râler les vieux cons trop heureux de ramener leur science musicale faisandée de constipés.

Un groupe à connaitre donc. Et dont les concerts, avec ou sans mutilations sur scène, restent d'excellents moments.

Image tirée de ce Flickr.

Nick et Warren se font une toile...

Mardi 20 juillet 2010 à 12:38

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Ces deux jeunes gens à l'air si primesautier sont de droite à gauche, Nick Cave et Warren Ellis. Si vous avez eu besoin de cette dernière indication pour les identifier, honte à vous. Mais rassurez-vous il n'est jamais trop tard pour se rattraper. Ces deux gaillards sont surtout connus pour officier de concours au sein des bien nommés NICK CAVE AND THE BAD SEEDS, qu'on ne présente plus. Mais comme tous les artistes de bon goût, pour mieux aimer leur épouse, il faut parfois comparer avec quelques escapades à droite à gauche. Comme leur autre groupe GRINDERMAN, du garage-rock brillamment énervé dont un deuxième opus est en préparation. La pochette s'annonce déjà aussi moche que celle du premier album.

Mais à croire qu'ils sont insatiables les deux compères, puisqu'il font aussi dans la bande originale de film. Et quelles bandes originales, mes aïeux! En 2005 ils composent la musique du film THE PROPOSITION de leur compatriote john Hillcoat, un western australien hors norme se déroulant à la fin du 19ème siècle. Un premier essai où Cave, également scénariste du film, donne de la voix sur une partition surtout emmenée par les violons, parfait crin-crin au diaposon du film, sans être pourtant le meilleur du duo.
 
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Car c'est un autre western peu commun où Cave et Ellis vont rendre leur meilleure copie en la matière. En 2007 ils signent la musique du superbe et cruel L'ASSASSINAT DE JESSE JAMES PAR LE LACHE ROBERT FORD. Sèche, mélancolique, et avare en effets de style mais dont chaque note marque l'oreille de l'auditeur, la BO est l'un des piliers du film, le parfait chant du cygne pour une légende de l'ouest ne croyant plus en sa légende et des rêves de gloriole d'anonymes. Un indispensable, à l'image du film. Dommage que la chanson qu'interprète Cave sous forme de cameo dans le film ne soit pas incluse.
 
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Pour leur dernière partition en date, ce n'est pas un western qui est mis en musique, mais le premier film américain de... John Hillcoat, LA ROUTE, l'adaptation du roman du même de Cormac Mc Carthy, dont Cave avait déjà mis quelques écrits en musique. Moins puissante que leur précédent ouvrage, l'accompagnement sonore de cette fin du monde à visage humain est étonnamment moins "sombre", mais donne également dans un registre plus nerveux, récit éprouvant oblige.
 
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Voilà qui clôt ce qui reste pour l'heure un triptyque, où leurs auteurs loin de se reposer sur leurs acquis et gimmicks obtenus dans leurs groupes, prennent un envol inattendu sans se renier dans la tonalité de leurs travaux passés ou leurs choix. Du bien bel ouvrage, à savourer par son décalage avec les habituelles fanfares du genre.

NB: beauté de la chose, chaque BO est écoutable en cliquant sur la pochette correspondante.

LILIUM - Felt

Dimanche 11 juillet 2010 à 20:20

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Bon à force de vous parler de toute la bande de David Eugene Edwards, il allait être temps que j'évoque, même brièvement l'album de celui qui tient la basse à ses côtés aussi bien dans feu 16 HORSPOWER que dans WOVENHAND, monsieur Pascal Humbert. Qui, avec son groupe, LILIUM a sorti il y a peu ce Felt donc. Enfin groupe, disons qu'autour du sieur Pascal gravitent bien des musiciens venant apporter leur touche à un édifice dont le leader façonne déjà sérieusement la base à lui tout seul. Mais pour ce Felt, le groupe orne son Folk frôlant bon les derniers instants de l'assoiffé traversant sans espoir le désert de deux joyaux; KAL CAHOONE dont j'ai déjà parlé, et HUGO RACE, ex-membre de NICK CAVE AND THE BAD SEEDS.

Nettement moins impliqué dans un trip ethno-religieux que son collège D.E.E., Humbert donne plus dans l'éclectique au niveau des morceaux d'un album dont le ton général reste très spectral, comme un coucher de soleil éternel dans des plaines désertiques, tout à la fois superbe et inquiétant.

Bref, l'intégralité de l'objet s'écoute içi, un soir de dimanche finissant, un verre de boisson maltée se réchauffant à la chaleur estivale assommante. Ca tombe bien, c'est le moment.

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