
Mon précieux avis : Début des aventures du sorcier, le livre est court, bien mené et assume clairement un rôle de mise en place des divers éléments de la série. La construction du récit qu'on retrouvera tout au long de la série est déjà bien rodée (« kicékikafélecou ? » mêlé à des révélations progressives sur les différents personnages.). Sympathique lecture sans plus.

Mon avis éclairé: « Suite remake » du premier volume, la particularité vient des prémices d'une ambigüité du héros suite à la découverte de certains de ses talents…La menace devient plus tangible, et on continue à voir peu à peu les origines du mal. Un poil meilleur que le précédent.

Mon avis indispensable: Les choses sérieuses commencent, avec un assombrissement de la série qui brise la routine que risquait d'implanter le schéma des deux premiers livres. Si les mécanismes restent les mêmes ils sont cependant bien plus adroits, grâce à l'allongement du récit et à une focalisation moins directe sur Voldemort. Le retournement de situation final est en ce sens assez génial, c'est également les premiers signes de haine et de volonté de vengeance chez le personnage principal. Tout comme il apprend que les apparences sont souvent trompeuses, ce qui fera que se confirmer dans le futur…

Mon avis d'académicien : Gros pavé que cette quatrième année à Poudlard, avec une ouverture plus développée avant d'attaquer la coupe des trois sorciers où Harry sera l'invité surprise malgré lui. Début aussi des hormones qui chatouillent, le passage du bal étant des plus drôles et également bien vu (dites pas le contraire bande d'hypocrites…). L'acte final et ses révélations, sont une gifle plus forte encore que pour le troisième livre, d'un ton franchement macabre et violent, ce qui fait quitter la série de l'étiquette « gentil récit pour gamin ». Le héros finit incompris et écrasé sous le poids des fautes qu'il s'attribue…No future ?

Car Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom est de retour et, plus que jamais, Harry sent peser sur lui une terrible menace. Une menace que le ministère de la Magie ne semble pas prendre au sérieux, contrairement à Dumbledore. Poudlard devient alors le terrain d'une véritable lutte de pouvoir…
Mon avis primordial : A croire qu'en se poursuivant, la série doit prendre du gras ! Plus long récit des six volets que j'ai actuellement ; il est aussi le plus bavard, et au rythme le moins soutenu. La fin tombe un peu à plat malgré ce qu'elle apporte en désillusions et secrets dévoilés à Harry. Pour la première fois, la série fait du surplace, au lieu de se resservir habilement des éléments dispatchés dans les précédents volumes. L'aspect positif reste dans la volonté de faire murir les personnages (Potter se tape sa crise d'adolescence bien carabinée) et de rendre moins manichéen leurs vues sur le monde et entre eux. La vision qu'a Harry de ses parents à son âge reste d'ailleurs des plus éloquentes. De même la révélation de la prophétie après laquelle court tous les protagonistes finit de lier Harry à Voldemort à travers une relation quasi filiale. A quinze ans, il n'a déjà plus rien d'un preux héros blanc comme neige…

Mon avis génial : Pas réellement un récit « à part » comme pouvait l'être les autres aventures du sorcier à la cicatrice, mais davantage le dernier pas avant de sauter dans le vide. D'une part le récit revient à une taille plus modeste et s'égare moins, de l'autre les révélations sur Tom Jedusor/Lord Voldemort semblent préparer le terrain à l'inévitable. Les dés sont jetés quasiment au début du récit, et si le ton gagne momentanément en légèreté , l'histoire n'est là que pour renforcer Harry dans le chemin qu'il devra prendre dans ce qu'il assume être sa vengeance contre ceux qui ont causé la mort de ses proches. Et qui, par là même, l'ont façonné. Cet avant-dernier tome, joue sur le destin annoncé du héros, avec ce que le récit le destine à faire et ce que l'auteur a fait de lui ; en acceptant de remplir son rôle plutôt que de le fuir, Harry finit de couper les attaches faites dans son enfance et son adolescence. Désormais, sa vie ne passera que par la mort de Voldemort…et peut-être avant cela, celles d'autres personnes, y compris ses proches.
De façon générale ; Je dois avouer, qu'ayant commencé la lecture il y a trois semaines, il me sera difficile de dire que je n'ai pas été pris par le récit, mis à part la déception du cinquième tome. Pour une série dite commerciale et infantile, je reconnais des qualités d'écriture certaines, dans l'agencement du récit plus que le style même s'il n'est en rien à blâmer. La maturité croissante de la série et le point de vue sur l'adolescence sont très bien vus dans l'ensemble (on sent que c'est une femme qui a écrit les livres…), le cheminement du héros est également très cohérent et s'y marie bien. Difficile de ne pas y voir l'influence du sacro-saint Joseph Campbell d'ailleurs ! En fait le succès de la série n'est guère surprenant ; outre le coup habile de faire vieillir les héros en même temps que les lecteurs potentiels, le mélange entre l'humour, le suspense, et le ton de plus en plus sombre marche de façon particulièrement convaincante.
J'éviterais d'approfondir les débats à deux balles comme le fait que Potter serait un ennemi de la chrétienté , ou la révélation faite par l'auteur comme voyait Dumbledore comme homo ce dont tout le monde se fout a part les gays activistes et les homophobes acharnés. Ou encore cette « mondialisation des mentalités» vue à travers cette mainmise du folklore anglo-saxon. Harry Potter c'est d'abord un enfant qui grandit en découvrant que le monde n'est ni tout ni tout blanc mais effroyablement gris. Et que pour y faire sa place c'est d'abord sur lui-même qu'il devra compter.
Un constat qu'on fait tous pour rentrer dans l'âge adulte.
Sauf que lui doit tuer quelqu'un pour espérer, un jour, tirer son coup.
Serviteur.





Sinon coup de cœur pour les tomes 3 et 4, par contre je trouve que la série baisse par la suite, en attendant que je lis enfin le dernier.