Quand j’ai reçu le LP du dernier BLUT AUS NORD ce n’était pas la joie habituelle de recevoir un disque attendu. C’était bien plus que ça. Mes plus anciens lecteurs ont deviné depuis longtemps la place qu’occupe un « groupe » comme BLUT AUS NORD dans mon panthéon musical personnel : le sommet. Groupe de Black Metal ayant donné des pièces maitresses aussi différentes que Memoria Vetusta I Fathers of The Icy Ages, digne représentant d’un Black Metal épique des origines et The Work Wich Transform God, grand disque malade sapant tous les acquis du style, B.A.N. ouvre désormais sur son nouveau label Debemur Morti une discographie parallèle exclusivement distribuée sur vinyle : What Once Was.



What Once Was… ou l’envie de s’accomplir via un Black sans fioritures, direct, que Vindsval, entité représentant B.A.N. dans les médias disait vouloir « sortir une série d’albums proposant un black metal extrêmement pur sur lequel l’évolution n’aura eu aucune prise ». Pourtant on retrouve bien les gimmicks Blutiens apparus après 2003 sur cette demi-heure d’un Black Metal violent mais jamais torché comme un des trop nombreux clones de DARKTHRONE première époque. Les guitares mènent toujours la danse et les compos ne tombent jamais dans le bête bloc de riffs entassés les uns sur les autres. Il y a une maturation dans l’écriture qui prouvent bien que ces titres sont assez récents et trouvent un écho dans presque chacun des derniers ouvrages du groupe. Toujours ce parfait équilibre entre les textures glauques découlant de la voix s’accouplant aux riffs parfois savamment dissonants. Ce n’est pas ce que BLUT AUS NORD a fait de plus révolutionnaire, bien au contraire, mais on sent le besoin primal de retrouver les bases sans jamais se renier.
Des bases que B.A.N. retrouve aussi par l’objet ; l’artwork est minimaliste au possible et à peine discernable, deux écrits à l’intérieur et à l’arrière du fourreau cartonné… et c’est tout. Il n’y a pas de titres de pistes, même pas d’indication de face A ou B sur le disque, ni même de vitesse de lecture, qui contrairement à ce qu’ont pu penser certains, n’était pas de 33 rpm et se sont retrouvés avec un « autre » disque, plus dissonant, plus Doom, mais qui n’était pas le but visé. A une époque où l’information sature les sorties de disque, B.A.N. freine des quatre fers et fait retrouver à son auditeur ce que pouvait éprouver le fan de musique jusque dans les années 80 : un plongeon dans l’inconnu à chaque achat, la peine d’explorer une œuvre dont toutes les clés n’étaient pas livrés dès le départ… Pas de Deezer, de Myspace, de titre gratuit mal encodé en preview pour se faire une idée, pas question de se caler l’album sur le Ipod sans même l’écouter…
A l’auditeur de s’investir, de donner du sens...
A défaut de continuer la voie principale que suit B.A.N. Liber I reste un instantané empreint de ce feeling qui n'appartient qu'au groupe, le LP est donc un indispensable.
A défaut de continuer la voie principale que suit B.A.N. Liber I reste un instantané empreint de ce feeling qui n'appartient qu'au groupe, le LP est donc un indispensable.







