-C’est un appareil photo ? me demande placidement le vigile en désignant la housse de mon bridge.

Non, grand nigaud c’est ma trousse de toilettes suis-je tenté de rétorquer. Mais bon, quand mon interlocuteur fait une tête et vingt kilos de plus que moi, et qu’il est accompagné d’une demi-douzaine de ses semblables je me sens d’humeur affable.
 

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Délesté de mon appareil photo, j’entre donc dans l’Elysée Montmartre, qui sera complet ce soir pour cette affiche ô combien alléchante. Allez, hop une bière et une Red Bull pour tenir la cadence, alors que vers 19h15, THE OCEAN entre en scène. Je me permets de signaler l’horaire, vu qu’un des points forts de la soirée sera l’étonnant respect horaire de passage pour chacun des groupes. L’ouverture est donc assurée pour une demi-heure top chrono par ce collectif (le line-up change sans cesse) officiant dans le post-core. Je les avais découverts avec leur dernier double album « Hadean/Prechambian », dont peu de titres seront joués ce soir, dommage. Reste que le set reste dans la ligne du style ; des musiciens se démenant comme s’ils étaient pris de crise d’épilepsie et bonne grosses gueulantes hardcore pour une musique d’écorché vif certes, mais aboutie et travaillée. Toutefois la configuration minimale de ce soir (5 au lieu de 7 ou 8) joue sur l’impact qui en devient moindre… Les suivants eux, seront bien plus statiques ; CYNIC, s’étant récemment reformé, quinze après la sortie de leur premier, et culte, album « The Focus ». Contrairement à leur dernier concert sur Paris c’est le petit dernier « Traced in Air » qui se voit à l’honneur ce soir. Là aussi prestation impeccable et acclamée. On sent que l’affiche met l’accent sur une musique sophistiquée, d’où une moindre surprise pour le bon accueil de ce groupe vu comme de moins en moins Metal. Les nouveaux morceaux gagnent pour ma part beaucoup au live, même si après tout ce temps je ne sais pas vraiment quoi penser de la voix « vocodée » du chanteur/guitarsite…


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Parenthèse branloto-blogguesque, ce concert fut étonnamment placée sous le signe « V.I.P. » pour votre Serviteur. Je me retrouve donc à saluer Mikael Akerfeldt avant le début du show, le frontman d’OPETH traversant la salle…sans que personne ne le remarque. Une situation pas si inhabituelle que ça. J’engage juste avant que THE OCEAN la discussion avec le guitariste et le bassiste de CYNIC, que là encore personne n’a calculé, on parle de leur précédent concert parisien avec PITBULLS IN THE NURSERY au Nouveau Casino…Et justement, peu avant qu’ils ne montent eux-mêmes sur scène j’aperçois une silhouette « connue ». Avec son col romain, entouré de métalleux à cheveux longs, dur de ne pas voir le père Rober Culat alias « Padre Bob », l’auteur du bouquin « L’Age du Metal » qu’il aura d’ailleurs la sympathie de me dédicacer. Là aussi rapide discussion autour du bouquin et d’OPETH que le père apprécie tout particulièrement.


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Mais revenons à nos moutons métalliques. Je suis au niveau du bar pour l’arrivée d’OPETH, et je me rends compte à quel point la salle est blindée. Maintenant vous décrire le concert…Le début fut monstrueux avec deux titres récents (Heir Apparent et The Grand Conjuration), après lesquels Mikael, leader du groupe s’adressera au public avec son humour so british (quand on est originaire du même pays qu’ABBA, il en faut !). C’est à ce moment que se fera entendre un pétaradant « Hallelujah » dans les premiers rangs, sans soute lancé par le Padre Bob. Pour le reste de la soirée à part vous dire qu’on a assisté à un putain de show…Le jeu de lumières, impeccable, avait parfois tendance à aveugler, le son au poil malgré une basse trop en avant, mais l’interprétation de titres comme Godhead’s Lament, The Lotus Eater, le monstrueux Delivrance, et j’en passe, laisse aucun doute sur le talent du groupe. OPETH c’est le groupe qui redonne la classe à un style musical souvent bien « beauf » qu’est le Metal. Et ce souvent plus à cause de son public, ahem. Même si au final, l’heure et demie de concert sera bien trop courte au vu de la discographie des suédois. A voir et revoir.

Bon, bonhomme, maintenant que tes copines patrouillent dans la salle, tu vas me le rendre mon bridge?