Follow the white rabbit

Dimanche 25 juillet 2010 à 20:17

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La quête du mélomane a bien des points communs avec la hamster courant dans sa roue, on croit avoir trouver le Saint-Graal et on repart pour un nouveau tour à chaque fois. Ce fut le cas il y a peu avec ÖDLAND, groupe donnant un registre "classique" et mettant en musique des univers fantastiques souvent marquées du sceau de Lewis Caroll. Inutile de dire que ça vous transporte bien plus que la niaiserie du film de Burton.

Et en plus je les vois en concert demain soir.
 
 
Les échappées “solo” de musiciens officiant dans des groupes reconnus et respectés sont rarement un sujet de joie sans fin. On assiste souvent à un assouvissement d’égo contenu dans le groupe d’origine, expérimentations hasardeuses enfin libérés du carcan qui vous a fait connaitre, ou pire, faire la même musique, et faire prendre conscience à quel point on n’est pas « l’âme créatrice fondamentale » du collectif momentanément délaissé…

Bref, ça ne m’a pourtant pas empêché deux soirs de suite d’aller voir des cas de figure ayant le même point de départ, artiste hors de son groupe, des façons de faire totalement différentes mais avec un même résultat enthousiasmant.
 
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A ma droite JONSI, ou quand le chanteur de SIGUR ROS quitte les vapeurs de shoegaze éthérés que répand son volcan-groupe devenu emblématique de l’Islande, plus encore que ne le fut BJORK il ya quelques années. Le DVD Heima en fut une belle preuve, même si depuis quelques albums le groupe patinait un peu. Au contraire du chanteur qui délivre dorénavant un univers plus Pop, chanté en anglais mais toujours empreint d’une certaine mélancolie. Et ce soir-là dans la fournaise du Bataclan, non le volcan au nom imprononçable ne faisait pas partie du superbe et efficace décor fait d’animations projetées en arrière plan, JONSI a délivré un set fait pour presque la moitié ( !) d’inédits.

Peu importe, sans reconnaitre les titres, la fosse hurlait à chaque note débutant un morceau, les énergiques « Go Do » et « Boy Lilikoi » recevant un accueil tout particulier par leur caractère plus dansants. Un show visuellement superbe, sophistiqué mais non enrobé de faux-semblants comme ce titre, « Sticks and Stones », chanté à l’aide d’antisèches ce dont s’excusera dans un rire timide le frontman. Un homme qui sait s’entourer, loin d’être des requins de studio, les musiciens l’accompagnant font « partie de la famille », dont son compagnon Alex avec qui il avait déjà sorti en un album, et ça se sent. Pas d’esbroufe, mais le plaisir de s’immerger dans la musique de JONSI et d’y faire rentrer sans faute un public pourtant assommé par la chaleur.
 

Et puis il y aura ce « Grow Till Tall » final transcendé sur scène, alors que l’image d’une pluie de plus en plus violente inonde l’arrière-plan, où le chanteur donne tout ce qui peut lui rester après un tel concert. Et votre Serviteur de retrouver un peu le frisson qui l’avait parcouru lors du déjà cultissime concert d‘ULVER à la Cigale. C’est dire si JONSI a réussi à faire vivre son monde à lui, et de très belle manière….
 
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Et à ma gauche, le poids lourd toute catégorie du moment ; non pas un mais trois artistes hors des formations les ayant connaitre. Quand on me demandait qui j’allais voir ce mardi soir, je disais les THEM CROOKED VULTURES, et me doutant que dans nos belles contrées, ça parle à trop peu de monde, je développe toujours de la façon suivante. A la guitare/chant, Josh Homme ex-KYUSS, et QUEENS OF THE STONE AGE, ce qui parfois dit quelque chose. A la batterie, Dave Grohl, FOO FIGHTERS mais surtout NIRVANA, là ça parle déjà beaucoup plus. Et en guise de « finish him », John Paul Jones… le mec qui jouait de la basse dans un groupe qui s’appelait LED ZEPPELIN. Et là le pékin moyen se prend une baffe.

Un peu comme le public du Zénith d’ailleurs. Je ne savais pas trop quoi attendre d’un tel cocktail, d’autant que malgré ses qualités évidentes et son air faussement « Q.O.T.S.A.- light », il manquait l’étincelle qui mettrait définitivement le feu aux poudres. Car là est le problème des « supergroupes », le public, et les marchands de soupe, s’attendent trop souvent à une somme des ingrédients des différents groupes dont sont issus ses membres. Alors que ces derniers accouchent plus souvent… d’autre chose. Et si on s’en doutait à l’écoute du disque, c’est devenu évident à être impudique sur la scène du Zénith, les trois lascars, accompagnés à al deuxième guitare d’Alain Johannes, sont là pour une chose ; se faire plaisir avec des collègues qu’ils estiment et respectent.

Après un doublé «No One Loves Me & Neither Do I / Gunman» qui met les choses au clair, tout l’album est déroulé pendant deux heures par des musiciens jouant avec un plaisir que j’aurais rarement vu en live. D’autant qu’il est amusant de très vite constater que la star de la soirée ce n’est pas Grohl qui bombarde ses fûts avec une précision chirurgicale, ou Homme d’une jovialité contagieuse qui s’amuse à présenter son groupe sous le nom « les petits pois ». Non la star c’est celui qu’on oublie un peu vite parce qu’il n’était pas l’adonis Robert Plant, le ténébreux Jimmy Page ou le bruyant, et mort, John Bonham. La star c’est John Paul Jones, d’une tranquillité toute britannique, heureux de jouer sur une scène avec des musiciens heureux de chaque instant partagé à ses cotés. Et c’est réciproque, sans flagornerie, il n’y a pas un semblant de mise en scène dans ce que l’ont voit, et le partager avec le public fait que les titres de l’album prennent une consistance devançant de très loin le disque. On sent le métier, oui mais on sent le simple panard d’être là.

Pas de titres de NIRVANA, LED ZEPPELIN ou QUEENS OF THE STONE AGE joués en rappel, qu’il n’y eut pas d’ailleurs. Cette dernière mascarade a été évincée elle aussi et ce n’est pas plus mal. Et pas besoin d’un « smell like teen spirit » chanté par Homme, chose écœurante ou à pisser de rire à imaginer, pour que ce soir fut le grand soir. THEM CROOKED VULTURES a du gros potentiel en devenir, au point que l’imaginer supplanter, du moins sur scène, les groupes de ses géniteurs n’est peut-être pas si incongru….

A une époque où le « disque » va mal, et où le préformatage prévaut, souvent réclamé inconsciemment par un public d’autant plus inculte alors qu’il n’a jamais eu autant accès à la musique, il est plus salutaire que des artistes « arrivés » puissent s’échapper de leurs enclaves dorées dans le but premier de faire plaisir à leur jouer « leur » musique, en solo ou en famille recomposée, sans avoir à se soucier des lendemains déjà assurés par leurs précédentes œuvres.

C’est en ça que peuvent des escapades solo peuvent réellement faire valoir leur droit d’exister ; le fait de retrouver un plaisir simple que les grosses machines handicapent parfois, et que ces dernières peuvent avoir à nouveau en retour dans un avenir proche.

DIAMANDA GALAS - Grande Halle 04/06/2010

Samedi 5 juin 2010 à 15:51

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Il devait être dit que je ne serais pas verni pour ma première participation au festival La Villette Sonique. Ce soir, récital de DIAMANDA GALAS dans la grande halle, mais avant ça deux premières parties dont on se demande encore ce qu’elles font là. BO NINGEN du rock jap’ shooté au psychédélisme 70’s sur le papier, et leurs vêtements de scène, mais finalement assez vain quand on est familier avec la scène Stoner/Psyché en essor depuis quelques années.

Et PROGRAMME ? Du Slam cryptique avec guitare, samples et gros ennui. J’ai rarement fait un aussi bon score à Worms sur Iphone. Que les hipsters constipés s’étant accumulé sur le devant de scène pour mieux être « wock n’ woll » en tortillant impertinemment du croupion m’excusent de mon indigence.

Mais et la Galàs ? Silence religieux alors qu’elle s’installe après les applaudissement, et si son piano à queue est noir de jais, ça n’empêche pas l’Hadès de la suivre. Un enfer bien humain qui prend la forme ce soir d’un requiem aux exclus. Beaucoup de chansons issus d’auteurs grecs , sur l’Arménie, ou même la reprise du « Fernand » de BREL dont elle avait déjà repris « la chanson des vieux amants » à son dernier passage dans la capitale. Contrairement à ses derniers albums, qui sont tous des enregistrements live, sa voix s’égare davantage dans la glossolalie, toujours à aller chercher en haut la note ultime et la ramener au sol, que martèlent ses accords plaqués. Un set de la chanteuse grecque, ne se raconte, comme le veut le cliché, il se vit, mais se subit également, transfigure malgré lui l’auditeur comme devrait le faire tout artiste sur scène, laissant le reste aux seuls interprètes.

D'ailleurs arrêtez de suite de me lire, écoutez d'urgence ses disques et battez-vous pour avoir la chance de la voir en concert.

Photos du concert par Robert Gil.
Disques en écoute sur Deezer.

OM - Cabaret Sauvage

Vendredi 4 juin 2010 à 16:30

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Enfin arrivé au Cabaret Sauvage, une salle surprenant, comme un chapiteau de cirque mais au sol boisé, aux planches parfois grinçantes et dont l’odeur de vernis ne manquent de venir taquiner les narines du nouveau venu. Les box faisant le tour de la salle se remplissent doucement, le bar est bientôt caché par la masse des clients et WOLF EYES entre en scène.

Je vais résumer par un élégant et euphémique « je ne suis pas rentré dans l’ambiance » pour parler de leur set. Le trio, un guitariste, un chanteur, un préposé aux claviers et aux flutes ( !) délivrent un Noise qui coule péniblement sur votre Serviteur sans laisser de traces, sauf à l’endroit ma montre que je regardais souvent.

Mais il doit y avoir un Dieu, à moins qu’Elvis soit bel et bien toujours parmi nous, c’est OM qui enchaine directement. Et pas difficile de voir que je ne suis pas le seul à les attendre, la hype faisant son boulot, le « groupe » d’Al Cisneros (ex-SLEEP et SHRINEBUILDER) désormais accompagné d’un nouveau batteur est des plus « dans le vent ». Ajoutez à ça Steve Albini qui produit le groupe, vous aurez la totale. C’était pourtant mal barré ce concert, entre les veaux imbibés sur la droite de la scène, les problèmes d’ampli à répétition (démarrage raté du concert puis grosse interruption après une demi-heure de jeu) et un Cisneros sur les dents… Hé bien non, la transe a pris les fidèles. Malgré l’habillage qui rappelle la liturgie chrétienne, un concert d’OM irait plutôt chercher dans la « musique sacrée » tibétaine, dans la lente montée que parsème des éclats libérateurs apaisés aussitôt par une psalmodie que guette religieusement le public définitivement accaparée par l’énergie et la conviction qui émanent du duo. Cisneros est le point d’ancrage, tenant sa Rickenbaker au près plus du corps, comme pour ne garder que pour lui les vibrations délivrées par la quatre-cordes, inondant pourtant la salle. On pourrait résumer ça en voyant la chose comme un double solaire, charnel de SUNN O))), ce qui ne serait pas un mensonge mais sans doute trop réducteur encore. Dénué des effets présents sur le dernier album, OM entre sans fioritures dans le crâne de l’auditeur, et résonne, longtemps après encore que l’on ait quitté la salle qui, un demi-kilomètre plus loin semble toujours vrombir.

Et qu'est il arrivé à ACID MOTHERS TEMPLE? Hé, j'ai l'air de m'appeler Sherlock Holmes?
 

WOVEN HAND - La Machine 14/05/10

Dimanche 16 mai 2010 à 0:02

Vendredi soir, Nouveau Casino, la tournée d’ORPHANED LAND à l’occasion de leur dernier album « The Neverending Way Of OrwarriOR ». ARKAN a fini son set, très bon par ailleurs, et désormais SUIDAKRA a gagné la scène comme l’ennui votre Serviteur. Un groupe de Metal de plus à supporter, dans une salle bondée et un son mal réglé, encore une fois. Puis ce public insupportable avant même l’entrée, à jouer qui sera le plus bourré. Et qu’on ne vienne pas me sortir l’excuse de la jeunesse, la plupart étaient plus âgés que l’auteur de ces lignes. Ce soir ce n’est pas le grand soir donc inutile d’insister, et tant pis pour ORPHANED LAND. A trop de faire de concerts seul on tergiverse et on ne rentre jamais dans l’ambiance…

Pourtant sur le chemin du retour, une pensée squatte mon esprit résigné. Je me souviens que WOVEN HAND, que j’avais déjà raté pour un concert de SATYRICON il y a un an ou deux, joue ce soir à La Machine, l’ancienne Loco et que le concert n’a pas encore commencé bien que la soirée soit déjà bien avancée. Ni une ni deux, demi-tour et direction Métro Blanche, et malgré une chorale de jeunes anglo-saxons plus pinté qu’un bar PMU le soir des courses et un arrêt prolongé pour raison de personne courant sur la voie (!), j’arrive enfin au Moulin Rouge et à sa nouvelle dépendance, La Machine, où bien du monde s’entasse déjà devant l’entrée.

Coup de bol, signe du destin ou autre, je réussis à avoir une place. Et je constate que l’ancienne Loco a peu changé si ce n’est le deuxième bar sur la gauche de la salle. Quant a public franchement disparate, j’y croise aussi bien un porteur de T-Shirt ANTAEUS, tout comme moi, du fan de Dark Americana lambda, du nostalgique de 68, du hipster parisien…et quelques individus dont l’attitude me fait dire qu’ils y en a beaucoup trop à avoir des soirées et de l’argent à perdre…

Passé la première partie, un guitariste barbu comme un membre de ZZ TOP aux chansons douces amères et à l’ironie certaine, le posse envahit la scène, David Eugene Edwards est en avant de ses musiciens, assis face à ses deux micros, un accoutrement de prêcheur digne de la ruée vers l’or et l’air « ailleurs » digne d’un chaman indien. Une heure, et un peu plus, de prêche illuminé voilà ce qui est servi à l’audience. Un groove hautement spirituel délivré par un frontman dont le corps ne semble plus vraiment lui appartenir, alors qu’il s’accroche à ses micros, les yeux constamment fermés, et la voix venant d’ailleurs. C’était beau, ça m’était nécessaire et c’est ce que j’avais besoin d’entendre ce soir là. Quelqu’un qui me fasse oublier ce qu’il y avait autour de moi, quelqu’un qui aime sa musique, assez pour ne pas la maltraiter mais assez aussi pour lui donner un autre aspect en concert. Le genre d’artiste qui ne réécoute pas advitam aeternam ses propres disques, mais les laisse derrière lui une fois achevés pour n’en emporter avec lui que l’essence qu’il communiquera ensuite.

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Près de minuit, je descend le boulevard autrefois sulfureux, l'album Mosaic du groupe dans le casque, le CD de leur dernier album The Threshing Floor ainsi que le LP  Felt d'ILIUM dans le sac. C'est le genre de concert, qui plus que de donner l'agréable sensation "d'avoir été là", redonne foi. Le pasteur a fait du bon boulot, si je crois toujours à l'adage "plus de quatre on est une bande des cons, à fortiori moins de deux c'est l'idéal", je me sens à nouveau prêt à affronter la musique sur scène et sa faune. Amen.

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