WOVEN HAND - Mosaïc

Samedi 3 juillet 2010 à 0:28

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Je ne sais pas si c’est le fait de dévorer le « Méridien de sang » de Mc Carthy, qui redéfinit le terme « western crépusculaire » mais j’ai une fringale de Dark Folk, Goth-Country… appelez ça comme vous voulez pour étiqueter cette folk sombre et hantée, mais à des années-lumière d’étrons comme les clowns à stetson que sont Garth Brooks ou Billy Ray Cyrus. Non, là on parle de DAX RIGGS, STEVE VON TILL, SLIM CESSNA ‘S AUTO CLUB… ou de David Eugene Edwards et son posse de WOVEN HAND (ou WOVENHAND pour les plus pointilleux).

Ancien leader des 16 HORSEPOWER, petit-fils de prêcheur , D.E.E., pour faire court, continue son prêche envoutant, avec ce Mosaic qui est l’album avec lequel j’ai découvert le groupe. Les plus récents Ten Stones et The Threshingfloor ont leurs mérites, mais Mosaic a ce goût particulier de la première fois. Celui d’entendre pour la première ces ambiances éthérées, parcourus par le son rugueux des instruments d’époque qu’aime collectionner D.E.E., écouter ces airs qui semblent sans âge, allant parfois chercher dans la musique médiévale, les écrits des premiers saints, les mélodies arabisantes et même parfois trouver des touches Indus dans le traitement de la voix, une conséquence de la dévotion à JOY DIVISION ou THE NEW ORDER. Ou plutôt de la Voix, tant elle semble être directement issue d’En Haut. Ecouter ce disque de WOVEN HAND c’est écouter un prêcheur dans le désert, qui gratterait éternellement les cordes de sa guitare, les yeux clos, et dont la vie n’aurait plus que pour but de faire revivre un monde trop vite disparu et surtout de faire vivre Sa parole, sur la terre… comme ailleurs.

WOVEN HAND a continué son office depuis, mais Mosaïc garde ce gout du sermon unique et jamais égalé dans son éloquence.


Ecoute sur Deezer.
Les échappées “solo” de musiciens officiant dans des groupes reconnus et respectés sont rarement un sujet de joie sans fin. On assiste souvent à un assouvissement d’égo contenu dans le groupe d’origine, expérimentations hasardeuses enfin libérés du carcan qui vous a fait connaitre, ou pire, faire la même musique, et faire prendre conscience à quel point on n’est pas « l’âme créatrice fondamentale » du collectif momentanément délaissé…

Bref, ça ne m’a pourtant pas empêché deux soirs de suite d’aller voir des cas de figure ayant le même point de départ, artiste hors de son groupe, des façons de faire totalement différentes mais avec un même résultat enthousiasmant.
 
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A ma droite JONSI, ou quand le chanteur de SIGUR ROS quitte les vapeurs de shoegaze éthérés que répand son volcan-groupe devenu emblématique de l’Islande, plus encore que ne le fut BJORK il ya quelques années. Le DVD Heima en fut une belle preuve, même si depuis quelques albums le groupe patinait un peu. Au contraire du chanteur qui délivre dorénavant un univers plus Pop, chanté en anglais mais toujours empreint d’une certaine mélancolie. Et ce soir-là dans la fournaise du Bataclan, non le volcan au nom imprononçable ne faisait pas partie du superbe et efficace décor fait d’animations projetées en arrière plan, JONSI a délivré un set fait pour presque la moitié ( !) d’inédits.

Peu importe, sans reconnaitre les titres, la fosse hurlait à chaque note débutant un morceau, les énergiques « Go Do » et « Boy Lilikoi » recevant un accueil tout particulier par leur caractère plus dansants. Un show visuellement superbe, sophistiqué mais non enrobé de faux-semblants comme ce titre, « Sticks and Stones », chanté à l’aide d’antisèches ce dont s’excusera dans un rire timide le frontman. Un homme qui sait s’entourer, loin d’être des requins de studio, les musiciens l’accompagnant font « partie de la famille », dont son compagnon Alex avec qui il avait déjà sorti en un album, et ça se sent. Pas d’esbroufe, mais le plaisir de s’immerger dans la musique de JONSI et d’y faire rentrer sans faute un public pourtant assommé par la chaleur.
 

Et puis il y aura ce « Grow Till Tall » final transcendé sur scène, alors que l’image d’une pluie de plus en plus violente inonde l’arrière-plan, où le chanteur donne tout ce qui peut lui rester après un tel concert. Et votre Serviteur de retrouver un peu le frisson qui l’avait parcouru lors du déjà cultissime concert d‘ULVER à la Cigale. C’est dire si JONSI a réussi à faire vivre son monde à lui, et de très belle manière….
 
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Et à ma gauche, le poids lourd toute catégorie du moment ; non pas un mais trois artistes hors des formations les ayant connaitre. Quand on me demandait qui j’allais voir ce mardi soir, je disais les THEM CROOKED VULTURES, et me doutant que dans nos belles contrées, ça parle à trop peu de monde, je développe toujours de la façon suivante. A la guitare/chant, Josh Homme ex-KYUSS, et QUEENS OF THE STONE AGE, ce qui parfois dit quelque chose. A la batterie, Dave Grohl, FOO FIGHTERS mais surtout NIRVANA, là ça parle déjà beaucoup plus. Et en guise de « finish him », John Paul Jones… le mec qui jouait de la basse dans un groupe qui s’appelait LED ZEPPELIN. Et là le pékin moyen se prend une baffe.

Un peu comme le public du Zénith d’ailleurs. Je ne savais pas trop quoi attendre d’un tel cocktail, d’autant que malgré ses qualités évidentes et son air faussement « Q.O.T.S.A.- light », il manquait l’étincelle qui mettrait définitivement le feu aux poudres. Car là est le problème des « supergroupes », le public, et les marchands de soupe, s’attendent trop souvent à une somme des ingrédients des différents groupes dont sont issus ses membres. Alors que ces derniers accouchent plus souvent… d’autre chose. Et si on s’en doutait à l’écoute du disque, c’est devenu évident à être impudique sur la scène du Zénith, les trois lascars, accompagnés à al deuxième guitare d’Alain Johannes, sont là pour une chose ; se faire plaisir avec des collègues qu’ils estiment et respectent.

Après un doublé «No One Loves Me & Neither Do I / Gunman» qui met les choses au clair, tout l’album est déroulé pendant deux heures par des musiciens jouant avec un plaisir que j’aurais rarement vu en live. D’autant qu’il est amusant de très vite constater que la star de la soirée ce n’est pas Grohl qui bombarde ses fûts avec une précision chirurgicale, ou Homme d’une jovialité contagieuse qui s’amuse à présenter son groupe sous le nom « les petits pois ». Non la star c’est celui qu’on oublie un peu vite parce qu’il n’était pas l’adonis Robert Plant, le ténébreux Jimmy Page ou le bruyant, et mort, John Bonham. La star c’est John Paul Jones, d’une tranquillité toute britannique, heureux de jouer sur une scène avec des musiciens heureux de chaque instant partagé à ses cotés. Et c’est réciproque, sans flagornerie, il n’y a pas un semblant de mise en scène dans ce que l’ont voit, et le partager avec le public fait que les titres de l’album prennent une consistance devançant de très loin le disque. On sent le métier, oui mais on sent le simple panard d’être là.

Pas de titres de NIRVANA, LED ZEPPELIN ou QUEENS OF THE STONE AGE joués en rappel, qu’il n’y eut pas d’ailleurs. Cette dernière mascarade a été évincée elle aussi et ce n’est pas plus mal. Et pas besoin d’un « smell like teen spirit » chanté par Homme, chose écœurante ou à pisser de rire à imaginer, pour que ce soir fut le grand soir. THEM CROOKED VULTURES a du gros potentiel en devenir, au point que l’imaginer supplanter, du moins sur scène, les groupes de ses géniteurs n’est peut-être pas si incongru….

A une époque où le « disque » va mal, et où le préformatage prévaut, souvent réclamé inconsciemment par un public d’autant plus inculte alors qu’il n’a jamais eu autant accès à la musique, il est plus salutaire que des artistes « arrivés » puissent s’échapper de leurs enclaves dorées dans le but premier de faire plaisir à leur jouer « leur » musique, en solo ou en famille recomposée, sans avoir à se soucier des lendemains déjà assurés par leurs précédentes œuvres.

C’est en ça que peuvent des escapades solo peuvent réellement faire valoir leur droit d’exister ; le fait de retrouver un plaisir simple que les grosses machines handicapent parfois, et que ces dernières peuvent avoir à nouveau en retour dans un avenir proche.

ROBIN HOOD ou la faute à pas d'bol

Vendredi 21 mai 2010 à 11:49

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Ridely Scott est un très grand réalisateur, nul ne peut le nier, il a donné au cinéma certains de ses plus grands joyaux ne serait-ce qu'avec ALIEN ou BLADE RUNNER. Et malgré un redémarrage de carrière superbe depuis GLADIATOR, cet incontournable du 7ème art subit encore les revers du système. Mais qu'en espérer d'autre, quand, au lendemain de sa consécration pour MILLION DOLLAR BABY, Eastwood confessait avoir du mal à trouver des financements?

Et ce ROBIN HOOD n'échappe pas à la règle, une régle que le réalisateur avait déjà subi pour BLADE RUNNER et pour... KINGDOM OF HEAVEN son chef d'oeuvre mésestimé qui ressuscite dans sa version longue. D'ailleurs les aventures de Robin Longstride pourraient même en être une suite indirecte, là où KINGDOM... s'achevait sur le départ de Richard Coeur de Lion, ROBIN HOOD débute sur le retour peu glorieux de celui-ci dans son foyer. Et c'est là une des rares forces de cette relecture, dépoussiérer le mythe, l'inscrire dans une réalité bien concrète à l'inverse de KINGDOM... qui partait d'une base historique pour en donner une parabole sur l'héroisme, le pouvoir, et la compromission. Dans une tendance amorcée par des films comme CASINO ROYALE, BATMAN BEGINS, le film tente de montrer comme un archer d'une armée en déroute est devenu un symbole de liberté pour un peuple exsangue par une croisade de dix ans alors qu'une invasion française se profile.

Malheureusement si le film prend son temps pour installer correctement ses bases malgré quelques passages obligés (le plus souvent l'introduction des compagnons de lutte de Robin), il subit des ellipses assez violentes dans sa deuxième partie. La faute à un montage coupant court aux enjeux du film pour assurer le plus de diffusion possible, et se faisant sentir cruellement au point de rendre presque futile la bataille finale et de bacler la conclusion, sans parler des incohérences ou d'éléments mal amenés (Robin assumant l'héritage paternel, etc...).

Au milieu de cet énième gâchis surnagent pourtant le couple de héros Robin et Marianne, aussi bien écrits qu'interprétés, une des plus belles variations que ce couple de cinéma ait pu connaitre, ou encore la photo superbe de John Mathieson, collaborateur fidèle de Scott depuis GLADIATOR...

Que penser du film si ce n'est de désespérer encore de cette manie de sortir des films amputés pour être commercialisés dans leur version longue en Blu-Ray uniquement? Un sujet de ressentiment aussi bien pour le public que pour l'équipe du film... d'autant plus rageant quand ce qui nous est laissé à voir est de grande tenue.

WATAIN - Reaping Death 7"

Vendredi 14 mai 2010 à 16:38

WATAIN c'est un peu la voie médiane entre le Black Metal "Mainstream" (DIMMU BORGIR et affiliés...) et le "Trve" Black Metal. Comprendre pour ces derniers, les ayatollahs du genre se drapant d'une éthique underground qu'ils n'ont pas invité. Pratique pour draguer la gothopouffe tout en ne s'exposant pas trop à la vindicte que leur musique de bric et de broc leur vaudrait.

Et les suédois de finalement prendre le meilleur des deux mondes, sans cracher sur une large exposition, ils ne dénigrent pas non plus l'objet de collection. Leur Black/Death se fait de plus en plus l'héritier de feu-DISSECTION aussi bien musicalement que spirituellement. Si leur dernier opus Sworn To The Dark a divisé leur public et en a ramené d'autres via un style plus "accessible", le nouvel album à venir Lawless Darkness risque bien de les implanter un peu plus au panthéon des groupes phares du Metal Extreme.

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Et enfin, après plusieurs péripéties postales, votre Serviteur a reçu son 7" Reaping Death, qui outre le titre éponyme, comprend une reprise du Chains of Death de DEATH SS. A noter qu'une version CD a été vendu avec le dernier numéro du Sweden Rock Mag, la reprise étant pour le coup celle de The Return Of Darkness and Evil de BATHORY, en prévision du prochain concert hommage que WATAIN rendra à ces derniers.

Passons sur la reprise, de bonne facture, pour dire que ce nouveau titre, "Reaping Death" qui avait déjà filtré via le Myspace "Disciplines of Watain" annonce du très lourd. Plus diversifié et élaboré dans sa structure que les précédents ouvrages du groupe, il fait la synthèse entre les débuts ravageurs et les avancées du dernier album. Varié sans faire dans la branlette de manche, pas le style de la maison, et n'oubliant pas un refrain qui se  hurlera par un public qui risque bien  de s'agrandir de plus en plus au fil des années...

Selon le groupe, le 7 juin (sortie de l'album), Black Metal Shall Be Reborn. On en attend pas moins.

Ecoute du titre et des deux reprises sur DEEZER.

Noise 15 en kiosque

Mercredi 31 mars 2010 à 11:26

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Le nouveau numéro de ce qui peut se faire de plus passionnants dans la presse musicale française sort aujourd'hui. Comme d'hab' c'est à ne pas rater. En couverture MARVIN, et petite nouveauté, une rubrique d'interview d'écrivain débutant avec celle de MAURICE G. DANTEC.
 
Au passage, celles menées par Olivier "Zoltar" Badin valent toujours leur pesant de cacahuètes et la chronique du dernier BURZUM par françoise Massacre

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