EPIC FAIL

Lundi 26 juillet 2010 à 22:56

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Je n'aime pas parler des concerts qui se passent mal. Un peu comme les disques qui m'ont déçu, bien que ces derniers peuvent avoir avec le temps une valeur nouvelle à mes oreilles. Mais les concerts, non. C'est comme un anniversaire qui a mal tourné, on préfère l'oublier, comme ce concert de MASTODON au Trabendo qui m'a déçu à un point que je pensais impossible à atteindre de la part de ce groupe que je considère cependant toujours comme essentiel, voire simplement incontournable.

Mais voilà ce soir... Concert gratuit de ÖDLAND et MIA DOI TODD à L'International, ça tombe bien les premiers je venais de les découvrir via Deezer et les voir live faisait plus que me botter. Début des hostilités à 20 heures, bien ça laisse le temps d'arriver peinard rue öberkampf et de prendre un verre ou deux. Ca sera un, une Affligem qui entre le moment où je la commande et celui où l'on me la sert se transforme en Pelforth, bah qu'importe le flacon... 20 heures, l'escalier menant au sous-sol où doivent se dérouler les festivités est fermé. Baste! On est pas pressés! On commence ensuite à l'être à 20h15,  puis 20h30... jusqu'à 21h où j'arrive enfin à acheter un CD du groupe. J'étais bien parti pour me servir et laisser les 10 euros, mais le DJ apparemment responsable du merch' a entre-temps enlevé son casque et a pu nous vendre le-dit produit.

21h15, enfin le public descend en masse vers la salle, et je sens déjà le problème, basse de plafond, parcourue de piliers dont deux entourant une scène fatalement peu élevée... Le Glaz'Art en pire, mais avec un public qui sera pour certains spécimens la cerise merdeuse sur ce gâteau au goût peu amène. Ce bon Louis-Ferdinand Céline avait raison, rien n'est gratuit en ce bas monde, et tout se paye, le bien valant plus cher. Car pour tenir deux morceaux de ilôt de beauté qu'était ÖDLAND, il a fallu subir le ressac de connerie de hipsters parisiens qui vous confirme que si "cons-sanguins" il y a, ce n'est pas en Province mais bien dans la Capitale qu'ils pullulent. Qui dit de photographes vaguement professionnels occupant tout le devant de la scène sans se donner la bienséance de se baisser et calant leurs objectifs sous le nez de la chanteuse, qui dit d'une radasse tentant à tout prix de se glisser entre votre Serviteur et le pilier pour voir la scène, qui dit d'un mignon virant le public déjà blasé du bout de son reflex offert à Noël... A ce sujet c'est fou le nombre de pseudos-photographes parasitant les concerts, le summum revenant au  spécimen du glaireux prenant une photo  avec flash à cinquante mètres de la scène à l'aide... de son portable. On en a des brassées à chaque remplissage de Bercy.

Revenons au sous-sol de l'International et à la féérie du quatuor d'ÖDLAND qui ne survit pas au brouhahaha des conversations emplissant la salle. Car la hype impose d'aller voir un concert, de n'en rien entendre et de parler le plus fort possible à cause de ces sagouins de musiciens.

Non, décidément, je dois trop aimer la musique pour subir ça, une accumulation de ces petits riens qui vous pourrissent la vie. Je pars, apparemment à moindre regret puisque n'ayant pas payé l'entrée mais intérieurement aussi furieux que si j'avais guetté la place pendant des heures sur Ticketnet pour un concert de METALLICA. Et de me convaincre un peu plus qu'au niveau public de merde, celui des métalleux a bien des avantages sur celui des bobos parisiens.

Pour ne pas finir sur une note totalement négative, je vous incite sincèrement à jeter une oreille bienveillante et attentive sur l'album d'ÖDLAND et moi d'espérer revoir le groupe dans de meilleures conditions. Celles dignes de son talent.

Photo tirée d'un concert du groupe l'an passé.
Les échappées “solo” de musiciens officiant dans des groupes reconnus et respectés sont rarement un sujet de joie sans fin. On assiste souvent à un assouvissement d’égo contenu dans le groupe d’origine, expérimentations hasardeuses enfin libérés du carcan qui vous a fait connaitre, ou pire, faire la même musique, et faire prendre conscience à quel point on n’est pas « l’âme créatrice fondamentale » du collectif momentanément délaissé…

Bref, ça ne m’a pourtant pas empêché deux soirs de suite d’aller voir des cas de figure ayant le même point de départ, artiste hors de son groupe, des façons de faire totalement différentes mais avec un même résultat enthousiasmant.
 
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A ma droite JONSI, ou quand le chanteur de SIGUR ROS quitte les vapeurs de shoegaze éthérés que répand son volcan-groupe devenu emblématique de l’Islande, plus encore que ne le fut BJORK il ya quelques années. Le DVD Heima en fut une belle preuve, même si depuis quelques albums le groupe patinait un peu. Au contraire du chanteur qui délivre dorénavant un univers plus Pop, chanté en anglais mais toujours empreint d’une certaine mélancolie. Et ce soir-là dans la fournaise du Bataclan, non le volcan au nom imprononçable ne faisait pas partie du superbe et efficace décor fait d’animations projetées en arrière plan, JONSI a délivré un set fait pour presque la moitié ( !) d’inédits.

Peu importe, sans reconnaitre les titres, la fosse hurlait à chaque note débutant un morceau, les énergiques « Go Do » et « Boy Lilikoi » recevant un accueil tout particulier par leur caractère plus dansants. Un show visuellement superbe, sophistiqué mais non enrobé de faux-semblants comme ce titre, « Sticks and Stones », chanté à l’aide d’antisèches ce dont s’excusera dans un rire timide le frontman. Un homme qui sait s’entourer, loin d’être des requins de studio, les musiciens l’accompagnant font « partie de la famille », dont son compagnon Alex avec qui il avait déjà sorti en un album, et ça se sent. Pas d’esbroufe, mais le plaisir de s’immerger dans la musique de JONSI et d’y faire rentrer sans faute un public pourtant assommé par la chaleur.
 

Et puis il y aura ce « Grow Till Tall » final transcendé sur scène, alors que l’image d’une pluie de plus en plus violente inonde l’arrière-plan, où le chanteur donne tout ce qui peut lui rester après un tel concert. Et votre Serviteur de retrouver un peu le frisson qui l’avait parcouru lors du déjà cultissime concert d‘ULVER à la Cigale. C’est dire si JONSI a réussi à faire vivre son monde à lui, et de très belle manière….
 
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Et à ma gauche, le poids lourd toute catégorie du moment ; non pas un mais trois artistes hors des formations les ayant connaitre. Quand on me demandait qui j’allais voir ce mardi soir, je disais les THEM CROOKED VULTURES, et me doutant que dans nos belles contrées, ça parle à trop peu de monde, je développe toujours de la façon suivante. A la guitare/chant, Josh Homme ex-KYUSS, et QUEENS OF THE STONE AGE, ce qui parfois dit quelque chose. A la batterie, Dave Grohl, FOO FIGHTERS mais surtout NIRVANA, là ça parle déjà beaucoup plus. Et en guise de « finish him », John Paul Jones… le mec qui jouait de la basse dans un groupe qui s’appelait LED ZEPPELIN. Et là le pékin moyen se prend une baffe.

Un peu comme le public du Zénith d’ailleurs. Je ne savais pas trop quoi attendre d’un tel cocktail, d’autant que malgré ses qualités évidentes et son air faussement « Q.O.T.S.A.- light », il manquait l’étincelle qui mettrait définitivement le feu aux poudres. Car là est le problème des « supergroupes », le public, et les marchands de soupe, s’attendent trop souvent à une somme des ingrédients des différents groupes dont sont issus ses membres. Alors que ces derniers accouchent plus souvent… d’autre chose. Et si on s’en doutait à l’écoute du disque, c’est devenu évident à être impudique sur la scène du Zénith, les trois lascars, accompagnés à al deuxième guitare d’Alain Johannes, sont là pour une chose ; se faire plaisir avec des collègues qu’ils estiment et respectent.

Après un doublé «No One Loves Me & Neither Do I / Gunman» qui met les choses au clair, tout l’album est déroulé pendant deux heures par des musiciens jouant avec un plaisir que j’aurais rarement vu en live. D’autant qu’il est amusant de très vite constater que la star de la soirée ce n’est pas Grohl qui bombarde ses fûts avec une précision chirurgicale, ou Homme d’une jovialité contagieuse qui s’amuse à présenter son groupe sous le nom « les petits pois ». Non la star c’est celui qu’on oublie un peu vite parce qu’il n’était pas l’adonis Robert Plant, le ténébreux Jimmy Page ou le bruyant, et mort, John Bonham. La star c’est John Paul Jones, d’une tranquillité toute britannique, heureux de jouer sur une scène avec des musiciens heureux de chaque instant partagé à ses cotés. Et c’est réciproque, sans flagornerie, il n’y a pas un semblant de mise en scène dans ce que l’ont voit, et le partager avec le public fait que les titres de l’album prennent une consistance devançant de très loin le disque. On sent le métier, oui mais on sent le simple panard d’être là.

Pas de titres de NIRVANA, LED ZEPPELIN ou QUEENS OF THE STONE AGE joués en rappel, qu’il n’y eut pas d’ailleurs. Cette dernière mascarade a été évincée elle aussi et ce n’est pas plus mal. Et pas besoin d’un « smell like teen spirit » chanté par Homme, chose écœurante ou à pisser de rire à imaginer, pour que ce soir fut le grand soir. THEM CROOKED VULTURES a du gros potentiel en devenir, au point que l’imaginer supplanter, du moins sur scène, les groupes de ses géniteurs n’est peut-être pas si incongru….

A une époque où le « disque » va mal, et où le préformatage prévaut, souvent réclamé inconsciemment par un public d’autant plus inculte alors qu’il n’a jamais eu autant accès à la musique, il est plus salutaire que des artistes « arrivés » puissent s’échapper de leurs enclaves dorées dans le but premier de faire plaisir à leur jouer « leur » musique, en solo ou en famille recomposée, sans avoir à se soucier des lendemains déjà assurés par leurs précédentes œuvres.

C’est en ça que peuvent des escapades solo peuvent réellement faire valoir leur droit d’exister ; le fait de retrouver un plaisir simple que les grosses machines handicapent parfois, et que ces dernières peuvent avoir à nouveau en retour dans un avenir proche.

DIAMANDA GALAS - Grande Halle 04/06/2010

Samedi 5 juin 2010 à 15:51

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Il devait être dit que je ne serais pas verni pour ma première participation au festival La Villette Sonique. Ce soir, récital de DIAMANDA GALAS dans la grande halle, mais avant ça deux premières parties dont on se demande encore ce qu’elles font là. BO NINGEN du rock jap’ shooté au psychédélisme 70’s sur le papier, et leurs vêtements de scène, mais finalement assez vain quand on est familier avec la scène Stoner/Psyché en essor depuis quelques années.

Et PROGRAMME ? Du Slam cryptique avec guitare, samples et gros ennui. J’ai rarement fait un aussi bon score à Worms sur Iphone. Que les hipsters constipés s’étant accumulé sur le devant de scène pour mieux être « wock n’ woll » en tortillant impertinemment du croupion m’excusent de mon indigence.

Mais et la Galàs ? Silence religieux alors qu’elle s’installe après les applaudissement, et si son piano à queue est noir de jais, ça n’empêche pas l’Hadès de la suivre. Un enfer bien humain qui prend la forme ce soir d’un requiem aux exclus. Beaucoup de chansons issus d’auteurs grecs , sur l’Arménie, ou même la reprise du « Fernand » de BREL dont elle avait déjà repris « la chanson des vieux amants » à son dernier passage dans la capitale. Contrairement à ses derniers albums, qui sont tous des enregistrements live, sa voix s’égare davantage dans la glossolalie, toujours à aller chercher en haut la note ultime et la ramener au sol, que martèlent ses accords plaqués. Un set de la chanteuse grecque, ne se raconte, comme le veut le cliché, il se vit, mais se subit également, transfigure malgré lui l’auditeur comme devrait le faire tout artiste sur scène, laissant le reste aux seuls interprètes.

D'ailleurs arrêtez de suite de me lire, écoutez d'urgence ses disques et battez-vous pour avoir la chance de la voir en concert.

Photos du concert par Robert Gil.
Disques en écoute sur Deezer.

OM - Cabaret Sauvage

Vendredi 4 juin 2010 à 16:30

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Enfin arrivé au Cabaret Sauvage, une salle surprenant, comme un chapiteau de cirque mais au sol boisé, aux planches parfois grinçantes et dont l’odeur de vernis ne manquent de venir taquiner les narines du nouveau venu. Les box faisant le tour de la salle se remplissent doucement, le bar est bientôt caché par la masse des clients et WOLF EYES entre en scène.

Je vais résumer par un élégant et euphémique « je ne suis pas rentré dans l’ambiance » pour parler de leur set. Le trio, un guitariste, un chanteur, un préposé aux claviers et aux flutes ( !) délivrent un Noise qui coule péniblement sur votre Serviteur sans laisser de traces, sauf à l’endroit ma montre que je regardais souvent.

Mais il doit y avoir un Dieu, à moins qu’Elvis soit bel et bien toujours parmi nous, c’est OM qui enchaine directement. Et pas difficile de voir que je ne suis pas le seul à les attendre, la hype faisant son boulot, le « groupe » d’Al Cisneros (ex-SLEEP et SHRINEBUILDER) désormais accompagné d’un nouveau batteur est des plus « dans le vent ». Ajoutez à ça Steve Albini qui produit le groupe, vous aurez la totale. C’était pourtant mal barré ce concert, entre les veaux imbibés sur la droite de la scène, les problèmes d’ampli à répétition (démarrage raté du concert puis grosse interruption après une demi-heure de jeu) et un Cisneros sur les dents… Hé bien non, la transe a pris les fidèles. Malgré l’habillage qui rappelle la liturgie chrétienne, un concert d’OM irait plutôt chercher dans la « musique sacrée » tibétaine, dans la lente montée que parsème des éclats libérateurs apaisés aussitôt par une psalmodie que guette religieusement le public définitivement accaparée par l’énergie et la conviction qui émanent du duo. Cisneros est le point d’ancrage, tenant sa Rickenbaker au près plus du corps, comme pour ne garder que pour lui les vibrations délivrées par la quatre-cordes, inondant pourtant la salle. On pourrait résumer ça en voyant la chose comme un double solaire, charnel de SUNN O))), ce qui ne serait pas un mensonge mais sans doute trop réducteur encore. Dénué des effets présents sur le dernier album, OM entre sans fioritures dans le crâne de l’auditeur, et résonne, longtemps après encore que l’on ait quitté la salle qui, un demi-kilomètre plus loin semble toujours vrombir.

Et qu'est il arrivé à ACID MOTHERS TEMPLE? Hé, j'ai l'air de m'appeler Sherlock Holmes?
 

ULVER - Void ov Voices La Cigale

Mardi 16 février 2010 à 23:21

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Quand il s’agit d’écrire sur la musique, je ne suis que rarement satisfait. Je ne retranscris jamais totalement ce que me fait ressentir un disque, un concert…

C’est l’éternelle frustration qui me pousse à continuer d’en parler, paradoxalement. Parler d’un concert comme celui d’ULVER il y a une semaine à La Cigale est d’ores et déjà voué à l‘échec. Outre mes capacités propres, c’est également de la faute du concert, il m’a emporté trop loin, trop fort, trop vite. Même une semaine plus tard en fermant les yeux, je le ressens encore. Rien ne pouvait gâcher cette soirée de toute façon, ni l’attente trois quart d’heure durant dans le froid de Pigalle, ni l’appréhension de la première partie, où Attila Csihar seul sur scène, montait des boucles de sa voix pour un concerto vocal bien barré et écrasant.

Alors dire quoi ? Trembler à l’arrivée sans artifices du groupe sur scène, ainsi qu’au premier morceau se mettant difficilement en place avant que toutes les appréhensions ne partent pendant un peu plus d’une heure ? Le « are you uncomfortable ? » de Garm soufflé à la fin de ce montage d’images d’archives du 3ème Reich ou ce regarde fixe d’enfant au public projeté durant le final Not Saved ? Et tout ce qu’il s’est passé entre deux et qui s’entremêle pour ne laisser que cette sensation d’avoir vu une musique créée en studio réellement sublimée par le passage à la scène que le groupe se refusait de faire pendant des années ? Malgré le peu d’aisance sur scène d’un line-up spécialement conçu pour le live, le public est transporté, à l’exception, à ce que j’apprendrais plus tard de quelques chevelus déçus de l’absence du répertoire Black Metal des débuts d’ULVER. Un passé duquel le groupe s’est pourtant largement distancié…

Un peu comme le public de son fauteuil sur lequel il atterrit violemment au bout d’une heure et quart de show. Le groupe précise d’emblée qu’il ne faut pas espérer de rappel, qu’ils ne sont pas « that kind of band ». Qu’importe, l’audience d’une salle étonnamment bien remplie ne se fait pas prier pour leur donner une ovation aussi bruyante que sincère. Je pars de ma place comme par crainte de ne pas arrêter d’applaudir le groupe. Passant devant le merchandising, je serre sans bien réfléchir la main de Stephen O’Malley, oubliant de le féliciter du concert de SUNN O))) quelques jours auparavant. Je quitte la salle, m’engouffre dans le métro.

Et tandis que celui-ci file en surplombant la ville, je ne peux m’empêcher de sourire à mon reflet dans la vitre sale, des larmes de joie arrivant.

PS : à ceux que ce modeste live-report aurait intrigué, jetez-vous sur les deux derniers albums du groupe ; « Blood Inside » et « Shadows of the Sun ».

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