
Ces deux jeunes gens à l'air si primesautier sont de droite à gauche, Nick Cave et Warren Ellis. Si vous avez eu besoin de cette dernière indication pour les identifier, honte à vous. Mais rassurez-vous il n'est jamais trop tard pour se rattraper. Ces deux gaillards sont surtout connus pour officier de concours au sein des bien nommés NICK CAVE AND THE BAD SEEDS, qu'on ne présente plus. Mais comme tous les artistes de bon goût, pour mieux aimer leur épouse, il faut parfois comparer avec quelques escapades à droite à gauche. Comme leur autre groupe GRINDERMAN, du garage-rock brillamment énervé dont un deuxième opus est en préparation. La pochette s'annonce déjà aussi moche que celle du premier album.
Mais à croire qu'ils sont insatiables les deux compères, puisqu'il font aussi dans la bande originale de film. Et quelles bandes originales, mes aïeux! En 2005 ils composent la musique du film THE PROPOSITION de leur compatriote john Hillcoat, un western australien hors norme se déroulant à la fin du 19ème siècle. Un premier essai où Cave, également scénariste du film, donne de la voix sur une partition surtout emmenée par les violons, parfait crin-crin au diaposon du film, sans être pourtant le meilleur du duo.
Car c'est un autre western peu commun où Cave et Ellis vont rendre leur meilleure copie en la matière. En 2007 ils signent la musique du superbe et cruel L'ASSASSINAT DE JESSE JAMES PAR LE LACHE ROBERT FORD. Sèche, mélancolique, et avare en effets de style mais dont chaque note marque l'oreille de l'auditeur, la BO est l'un des piliers du film, le parfait chant du cygne pour une légende de l'ouest ne croyant plus en sa légende et des rêves de gloriole d'anonymes. Un indispensable, à l'image du film. Dommage que la chanson qu'interprète Cave sous forme de cameo dans le film ne soit pas incluse.
Pour leur dernière partition en date, ce n'est pas un western qui est mis en musique, mais le premier film américain de... John Hillcoat, LA ROUTE, l'adaptation du roman du même de Cormac Mc Carthy, dont Cave avait déjà mis quelques écrits en musique. Moins puissante que leur précédent ouvrage, l'accompagnement sonore de cette fin du monde à visage humain est étonnamment moins "sombre", mais donne également dans un registre plus nerveux, récit éprouvant oblige.
Voilà qui clôt ce qui reste pour l'heure un triptyque, où leurs auteurs loin de se reposer sur leurs acquis et gimmicks obtenus dans leurs groupes, prennent un envol inattendu sans se renier dans la tonalité de leurs travaux passés ou leurs choix. Du bien bel ouvrage, à savourer par son décalage avec les habituelles fanfares du genre.
NB: beauté de la chose, chaque BO est écoutable en cliquant sur la pochette correspondante.










Le sémillant Tom G. fischer (premier plan à gauche) entouré de ses gais compagnons.
Et on ose encore me demander pourquoi j'aime les LP...


