Nick et Warren se font une toile...

Mardi 20 juillet 2010 à 12:38

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Ces deux jeunes gens à l'air si primesautier sont de droite à gauche, Nick Cave et Warren Ellis. Si vous avez eu besoin de cette dernière indication pour les identifier, honte à vous. Mais rassurez-vous il n'est jamais trop tard pour se rattraper. Ces deux gaillards sont surtout connus pour officier de concours au sein des bien nommés NICK CAVE AND THE BAD SEEDS, qu'on ne présente plus. Mais comme tous les artistes de bon goût, pour mieux aimer leur épouse, il faut parfois comparer avec quelques escapades à droite à gauche. Comme leur autre groupe GRINDERMAN, du garage-rock brillamment énervé dont un deuxième opus est en préparation. La pochette s'annonce déjà aussi moche que celle du premier album.

Mais à croire qu'ils sont insatiables les deux compères, puisqu'il font aussi dans la bande originale de film. Et quelles bandes originales, mes aïeux! En 2005 ils composent la musique du film THE PROPOSITION de leur compatriote john Hillcoat, un western australien hors norme se déroulant à la fin du 19ème siècle. Un premier essai où Cave, également scénariste du film, donne de la voix sur une partition surtout emmenée par les violons, parfait crin-crin au diaposon du film, sans être pourtant le meilleur du duo.
 
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Car c'est un autre western peu commun où Cave et Ellis vont rendre leur meilleure copie en la matière. En 2007 ils signent la musique du superbe et cruel L'ASSASSINAT DE JESSE JAMES PAR LE LACHE ROBERT FORD. Sèche, mélancolique, et avare en effets de style mais dont chaque note marque l'oreille de l'auditeur, la BO est l'un des piliers du film, le parfait chant du cygne pour une légende de l'ouest ne croyant plus en sa légende et des rêves de gloriole d'anonymes. Un indispensable, à l'image du film. Dommage que la chanson qu'interprète Cave sous forme de cameo dans le film ne soit pas incluse.
 
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Pour leur dernière partition en date, ce n'est pas un western qui est mis en musique, mais le premier film américain de... John Hillcoat, LA ROUTE, l'adaptation du roman du même de Cormac Mc Carthy, dont Cave avait déjà mis quelques écrits en musique. Moins puissante que leur précédent ouvrage, l'accompagnement sonore de cette fin du monde à visage humain est étonnamment moins "sombre", mais donne également dans un registre plus nerveux, récit éprouvant oblige.
 
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Voilà qui clôt ce qui reste pour l'heure un triptyque, où leurs auteurs loin de se reposer sur leurs acquis et gimmicks obtenus dans leurs groupes, prennent un envol inattendu sans se renier dans la tonalité de leurs travaux passés ou leurs choix. Du bien bel ouvrage, à savourer par son décalage avec les habituelles fanfares du genre.

NB: beauté de la chose, chaque BO est écoutable en cliquant sur la pochette correspondante.

TOTORO - EP

Dimanche 27 juin 2010 à 19:57

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Suite à une erreur dans le payement du dernier LP de NESSERIA (superbe, d'ailleurs un des rares groupes affiliés Hardcore que j'écoute), un responsable de Throatruiner Records propose de m'envoyer en complément l'EP de TOTORO, un groupe dans lequel officient certains membres de PIGEON, le groupe dont il fait partie.
 
Bon, réception, je me jette sur le LP. Mais et l'EP calé dans son dvdslim? Je l'ai ressorti ce week-end et me suis maudit de ne pas l'avoir écouté plus tôt. Quatre titres de 5 à 12 minutes donnant dans un Post-Rock Instrumental... et qui m'ont tout de suite accroché. Dans une scène "Post" difficile de se démarquer vu l'amas de groupes s'étant accumulé comme autant de vilaines graisses sur un corps de pin-up. Mais TOTORO donne dans un style, qui sans révolutionner le genre, lui rend hommage de belle manière. Jamais lassant les quatre titres passent comme papa dans maman et donnent tout ce qu'on peut attendre du genre, tour à tour aérien et puissant.

En plus ils sont passés au bar Laplace à Caen en début d'année et ça me fait regretter de les avoir louper dans ce qui était ma quatrième maison normande.

Ecoute des quatre titres sur le Myspace
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TRIPTYKON - Eparistera Daimones

Dimanche 18 avril 2010 à 10:24

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Parler de ce Eparistera Daimones, premier album de TRIPTYKON, est une revanche pour votre Serviteur, qui n’a jamais été fichu de pouvoir parler de cette pièce maîtresse qu’était le Monotheist de CELTIC FROST. Un disque majestueux, noir, qui renvoyait à leurs maquillages de supermarché bien des groupes de Metal dit « extrêmes », sorti pour la résurrection de ce groupe culte après des années de silence. Le rapport me direz-vous ? TRIPTYKON est aujourd’hui le groupe de Tom Gabriel Fischer, guitariste et chanteur de CELTIC FROST, qui a tué pour la deuxième, et sans doute définitive, fois son groupe dont trois des albums, Morbid Tales, To Mega Therion et Into The Pandemonium, sont encore aujourd’hui des pierres angulaires de la scène, Thrash, Black et même Goth. Un Fischer aujourd’hui très remonté envers ses anciens comparses, lui qui pourtant avait fait la paix avec une partie de soi-même en acceptant l’héritage de son premier groupe HELLHAMMER. Mais c’est une autre histoire…

Une revanche, car Eparistera… est le digne successeur de Monotheist, on y retrouve la même structure, les mêmes riffs Doom, et cette production massive n’anesthésiant jamais l’essence des instruments. Toutefois avec désormais Fischer comme seul maître à bord, et donc sans la patte de Martin Ain, coreligionnaire dans HELLHAMMER comme dans CELTIC FROST, Fischer fait face seul. En assumant le passé, sur « In Shrouds Decayed » réapparaît un chant plaintif disparu depuis Into The Pandemonium, « Myopic Empire » morceau dont l’écriture remonte au premier split de CELTIC FROST ou encore « My Pain » titre ayant dû figuré sur Monotheist. Sans l’envie d’avant-garde d’Ain, la hargne de Fischer roule comme les quatre cavaliers, rendant le disque toujours aussi « authentique » que son aîné, même si le résultat, outre l’effet de surprise passé, a un moindre degré d’hétérogénéité.
 
http://www.uekte.fr/images/l66080802531f466b889504e09ae8686f.jpgLe sémillant Tom G. fischer (premier plan à gauche) entouré de ses gais compagnons.
 

Ce qui n’empêche pas la magie, noire, de prendre. Car la grande force de ce Eparistera Daimones est comme son prédécesseur, d’avoir cette authenticité évoquée plus haut et qui est sans prix. Si Fischer hurle comme un damné d’une voix qui n’est plus la sienne sur « A Thousand Lies » ce n’est pas un gimmick, c’est un cri primaire, sans artifices. Il en va de même pour tout l’album, les riffs à l’ancienne et les arrangements ne servent que le message voulant être délivré avec toute l’immédiateté et la véracité que cela implique. Chaque élément est à sa place et traduit ce projet de bilan qui parcourt tout l’album, faisant le point d’une carrière déjà longue et mouvementée tout en offrant les bases de l’avenir.

« A ma gauche les démons » clame l’album dont même la pochette tirée d’une œuvre de Giger, est une réminiscence de celle du fondamental To Mega Therion. Cette nouvelle offrande de Fischer s’installe dans la continuité du travail de fond entamé pour l’artiste depuis Monotheist ; réédition des démos d’HELLHAMMER, groupe maudit, sortie du livre « Only Death is Real » retraçant enfinles tumultueux débuts de ce dernier, la transcendance de la musique de CELTIC FROST en concert, qui loin d’être un copier/coller du passé avait été amené à un autre niveau par ses géniteurs. Puis la trahison, semblant nécessaire, ayant amené Fischer à se couper du passé et à tout redémarrer pour mieux s’affirmer comme le pilier du genre.

« As you perish I Shall Live » est-il répété comme un mantra à travers le morceau-fleuve clôturant l’album. Autant pour les constipés voyant dans cette musique une culture morbide, le vieux loup et sa nouvelle horde sont bien décidés à morde encore.

http://www.uekte.fr/images/DSCN5764.jpgEt on ose encore me demander pourquoi j'aime les LP...
 
Ecoute intégrale de l'album sur Deezer.

PROBOT - S/T

Vendredi 31 juillet 2009 à 11:13

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C’est l’été, je ressors des disques que je n’ai pas eu l’occasion d‘écouter depuis un bail. Ou d’écouter tout court. C’est comme ça que j’ai donc ressorti le double vinyle de PROBOT, caprice d’enfant gâté de Dave Grohl sorti en 2004 où le batteur à la frappe de mule rendait un petit hommage à un bon paquet de groupes. Le principe ? Grohl s’occupe de quasiment tout ce qui est instrumental, et les chanteurs des groupes invités viennent pousser la beuglante.

Accueilli de façon plutôt tiède à l’époque, l’album avait confirmé que les projets de ce genre font tellement monter la sauce à l’annonce du projet et des participants que ça ne pouvait aboutir qu’à une déception. Remember SCUM ?. Et pourtant après avoir exhumé l’objet du délit de mes rangs épars de disques laissés à l’abandon, il n’y avait pas de quoi l’enterrer. 

Prenez donc connaissance du casting et bavez ;

Side A

"Centuries of Sin" with Cronos (VENOM)

"Red War" with Max Cavalera (SOULFLY, SEPULTURA)

"Shake Your Blood" with Lemmy (MOTÖRHEAD)

"Access Babylon" with Mike Dean (CORROSION OF CONFORMITY)

Side B

"Silent Spring" with Kurt Brecht (D.R.I.)

 “Ice Cold Man" with Lee Dorrian from (CATHEDRAL, NAPALM DEATH)

"The Emerald Law" with Wino (SAINT VITUS, THE OBSESSED, SPIRIT CARAVAN, PLACE OF SKULLS, THE HIDDEN HAND)

Side C

"Big Sky" with Tom G. Warrior (APOLLYON SUN, HELLHAMMER, CELTIC FROST)

"Dictatorsaurus" with Snake (VOIVOD)

 "My Tortured Soul" with Eric Wagner (TROUBLE)

Side D

 "Sweet Dreams" with King Diamond (KING DIAMOND, MERCYFUL FATE)
+ un bonus track qu'il serait criminel de dévoiler, sachez juste que Dave Grohl a joué de la batterie sur ses disques...et a joué dans un de ses films.

C’est du très lourd et en bon petit caméléon Grohl adopte le style de chaque groupe et dépasse parfois l’hommage pour donner de vraies perles comme « Shake your blood », le diptyque « Ice Cold Man »/« The Emerald Law »  où les pères du Doom, Dorrian et Wino, se font plaisir, en vieux briscards. Il y a de bonnes surprises, comme ce « Access Babylon » qui ramène au temps où C.O.C. donnait dans le Hardcore, d’autres un peu plus salées. Si Grohl parle de HELLHAMMER dans les notes de la pochette, son « Big Sky » avec Warrior fait davantage penser au groupe d’Indus de ce dernier, APOLLYON SUN. Mais dans l’ensemble, ce qui rend ce disque si sympathique, c’est l’ambiance de répet’ autour d’une caisse de bières, d’imaginer tous ces mecs qui sont pour le jeune public, forcément incultes, de vieux croulants, rentrer à la coule dans le studio avec les paroles soigneusement écrites ou torchées sur le coin d’un bar. Se faire l’idée d’un Lemmy lâchant sa gouaille d’une décontraction toute british, King Diamond couiner ses paroles sans son sempiternel maquillage, Tom G. Warrior droit comme un I à repasser le sens profond de ce qu’il à écrit pendant que Cavalera se trimballe sa mono-dreadlock dégueulasse, que Cronos raconte le poids de son groupe dans la scène Metal moderne…  Imaginer le poids de la route, des heures passées en studio, que Dave Grohl a voulu réunir le temps d’un disque qui ne sert à rien en ce sens qu’il ne propose rien de nouveau à la musique. Rien, si ce n’est de faire plaisir. Et rien que ça, c’est déjà énorme.

     

 

Un kebab chicken curry au goût de flotte dans un pain plus aride que la réflexion d’un participant de télé réalité. Le tout dans une échoppe des plus glamour de Pigalle, une bonne introduction au concert à venir un pâté de maison plus loin. Affiche des plus bizarres d’ailleurs ; comme d’habitude par souci de rentabilité ce sont trois groupes qui jouent avant la tête d’affiche. Cette dernière étant WOLVES IN THE THRONE ROOM, la grosse sensation USBM (United States Black Metal) du moment. Le reste étant des groupes basés à Paris et versant plus allègrement dans le post-core.

 

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A peine le temps de rentrer dans la salle et de traverser un public assez hétéroclite, le triptyque « perfecto/rangers/longue tignasse » y côtoie « veste cintré/converses/mécheux à  grosses lunettes » , que la demi-heure du set d’ HKY commence à fond de cale. Du post-core estampillé appellation d’origine contrôlée à 100 à % mais efficace en diable. Leur court passage leur faire mettre de côté toute fioriture, et en passant sur l’éternel headbanging forcené du genre, la soirée commence sur une bonne base.

 

REVOK leur succède, et malgré un bon début, ne fera pas monter la mayo. Projection vidéo en noir et blanc, communication inexistante avec le public, musique abrasive et noire…les ingrédients sont là mais je passe à côté du set. Ma crève de galérien joue peut-être, mais là non pas ce soir, j’ai la migraine. Dommage, je jetterais bien une oreille à leur album « Bad Books and Empty Pasts ».

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Une pause maltée plus tard, et une rapide inspection des bacs à vinyle de MusicFearSatan, mon gros choc de la soirée viendra avec FIEND. Groupe à multiples nationalités, il m’avait été recommandé par ItsChritsMice et je regrette de ne pas avoir écouter leur musique plus tôt ! Une espèce de magma aérien où copule les riffs prog’, la lourdeur du doom, la sécheresse du stoner…Difficile de ne pas penser au matriciel BLACK SABBATH, un truc totalement improbable, mais vite prenant. Quand je pense qu’on m’a assuré au bar que c’était pourtant loin d’être leur meilleur concert….

 

La tête d’affiche. Pensée ironique. La soirée est placée sous la logo « Kill the hype », pourtant WOLVES IN THE THRONE ROOM est LA sensation du moment. Mais pas pour tout le monde. On sent qu’une bonne partie d’une public est venue pour les trois premiers groupes ; la salle se dépeuple quelque peu. Et une bonne partie des post-coreux semble peu goûter le « Black Metal » des américains. Des ricains bien énervés d’ailleurs. Avoir découvert que trois groupes jouaient avant eux, une perspective qui avec les retards habituels et le couvre-feu parisien, n’est guère plaisante pour le dernier groupe, semble les avoir poussés à bout. Rajoutons à ça que le groupe joue sans lumières, uniquement avec les bougies disposées sur scène. Et bien évidemment le responsable des lumières aura bien du mal à le comprendre. Et cerise sur le gâteau, malgré les demandes de ne pas flasher durant le concert, un blaireau démontrant que les Français entravent que dalle à l’anglais les flashera une cinquantaine de fois. Ambiance.

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I will lay my bones amongt the rocks and roots donne d’emblée le ton: le groupe jouera sa musique sous sa forme la plus brutale et hargneuse. Tous les musiciens sont à fond, à se demander comment leurs bras et mains vont pouvoir tenir ainsi à se démener sur les frettes. Le son est énorme et massif, une vraie cascade, leur musique perd les ambiances des versions disques, le set se replace ainsi dans la lignée des concerts de Black Metal plus traditionnels. Sauf qu’içi, pas de décorum sataniste, de maquillages macabres, de « hail satan » ou de démagogie envers le public. On joue tel qu’on est, avec ce look de redneck,  et on lâche tout. Je ne reconnais pas le second titre, Queen of the borrowed night vient ensuite, du premier album que je connais mal. Mais ça reste une gifle. Le groupe ne semble prendre ses pauses entre les morceaux qu’à contrecœur. Pas une envie d’en finir vite, mais celle de maintenir la pression. Sur le dernier morceaux, Vastness and sorrow, le scène et une partie de la salle sont noyées dans la fumée, une ambiance à la The Fog de Carpenter. Puis ça y est. L’heure de show s’achève. Pas au revoir, pas merci. Ca ne collerait pas.

 

Bilan mitigé dans un public qui regrette les ambiances de l’album, d’autres trouve ça trop « Black Metal » et réajuste leurs mèches. Pour avoir commencé à voir bon nombre de set de Black Metal, celui de ce soir étant l’un des plus intenses auquel j’ai pu assisté, mon unique regret venant qu’un morceau du nouvel album à venir aurait dû être joué…Et nada.

 

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