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Le PAGAN FEST… J’avoue que j’étais partagé à l’idée d’assister à cette affiche, réunissant cinq groupes plus ou moins affiliés à la scène dite « pagan », en gros un amas de groupes qui donnent dans le Black à la thématique païenne, du Metal matiné de Folk façon flûtiau et claviers bontempi, les frappés du bulbe jouant sur « instruments d’époque », les versions Metal de chansons de fêtes de la Bière, j’en passe et des meilleurs. Ajoutons à cette soupe parfois à la grimace mais très à la mode ces dernières années, un côté vu comme très festif (parfois…), et plus rarement, un vague aspect « exaltation des origines »… Forcément avec un tel foutoir dans les groupes, ça déteint sur le public, on y voit du roliste, du fan de Metal lambda, du skin à t’shirt « Métal gaulois », du jeune dreadeux à collier à boules… Un bien beau bordel ma bonne dame, auquel nous venons nous mélanger Princess Valium et moi.

D’autant que les groupes qui passeront sur scène seront tout aussi disparates, même si on commence avec l’archétype de ce que vient chercher le public avec les russes d’ARKONA. Le groupe monte fort en ce moment en Europe, et le public de l’Elysée Montmartre confirme en répondant plus que bien au Folk Metal des neiges emmené par une Masha faisant le show. Galopant d’un bout à l’autre de la scène, et passant tout aussi facilement du growl au chant clair, la lionne mènera ses troupes pendant leur courte demi-heure de passage. A la fin du set, deux guerriers costumés aux boucliers ostensiblement frappés de la roue solaire viennent marquer le coup de leur forte utile présence….

Après le pogo au rythme des sandales et des peaux de bêtes, les allemands de VARG et leur Viking Metal, en gros du Black qui parle de guerriers à casque à pointes, font le show. Sans être foncièrement mauvais, le groupe ne me fait pas non plus décoller. Comme beaucoup de groupes de Metal, le groupe est assez statique sur scène, et le discours « ouais z’êtes mes potes » cadre mal avec la musique guerrière et l’accoutrement du même type. Suivant !

Et là c’est le drame. La majorité du public étant venu pour du « jumpdafuckup pagan Metal », DORNENREICH va donc être une sacrée douche froide pour les étriqués. Car le duo autrichien peu versé dans la bourrée de village, monte sur scène pour un premier morceau au violon et à la guitare acoustique, mélancolique et avare et refrain entraînant. Et lorsque que le duo se fait trio avec l’arrivée d’un batteur et le passage à l’électrique pour la guitare, c’est alors un Metal âpre mais enlevé qui nous emmène loin, très loin. Mélangeant la rage des débuts aux derniers efforts intimistes et dépouillés de leurs derniers ouvrages, DORNENREICH livre pour les bourrins l’occasion une pause bière au bar (du moins quand ils sont éduqués et qu’ils ne gueulent pas après le groupe), pour votre serviteur et plusieurs autres, un voyage musical de première classe. La Princesse acquiesce, c'était de la bonne.
 
http://www.uekte.fr/images/DSCF5735.jpgELUVEITIE
 

Après une énième pause « Hypocras » au bar alors que les roadies s’activent sur scène, les « stars » de la soirée arrivent, les suisses d’ELUVEITIE dont les t-shirts fleurissent sur les jeunes poitrails d’une bonne partie du public. Question d’honnêteté, je ne peux pas nier que l’heure de show fut des plus efficaces, c’est rondement mené, les deux demoiselles assurent bien sur leurs violons et viole à roue (sic !) et aux voix claires, le chanteur avec son bonnet couvrant ses dreads est bien démago comme il faut pour chauffer un public qui lui bouffe déjà dans la main. Pour le reste du groupe, on reste discret et on assure au poil le soutien. Mais alors quoi ? Mais alors par moments, le groupe me donne davantage le goût d’un IN FLAMES avec une pointe d’instruments folk qu’autre chose. Il est loin le temps de Spirit ou de Vên… La forme y est, et encore, mais ça manque cruellement de fond. LE groupe de ce soir pour ma camarade dont le t-shirt lui-même en l'honneur des helvètes clame sa préférence à elle. Peut-être a t-elle raison et que c'est mon mauvais esprit qui me constipe.
 
http://www.uekte.fr/images/DSCF5785.jpgFINNTROLL
 

Et la tête d’affiche ? FINNTROLL est un peu un mystère pour moi. Le groupe a explosé en 2004 avec l’album Nattfödd et l’EP Trollhammaren, ainsi que LE morceau qui a tourné un peu partout. En bref, FINNTROLL, c’était du lourd, de la guinguette chez les trolls et fait tourner le corne à boire camarade ! Puis de changements de line-up en interrogations sur le style à pratiquer, les finlandais étaient revenus à un style plus « black », moins festif sur Ur jordens Djup avant d’en revenir à un compromis sur leur dernier album sorti cette année, Nifelvind. Et ce soir, FINNTROLL vient pas pour se marrer, tout en peaux de bêtes et tatouages, on débarque du drakkar pour botter le fondement de ceux qui auront eu le bon goût de déserter la salle après le dernier groupe. En une heure, les finnois livrent un set finalement très équilibré entre les refrains à reprendre en choeur et les hymnes guerriers, peut-être moins prétexte à la guinche que leurs prédécesseurs, le frontman dans le ton de son groupe, ne donnant pas franchement dans le « Prosper Youplaboum ». Un rappel, pratique qui m’énerve de plus en plus, vient livrer le dernier assaut et 22H30 pétantes sonnent, on remballe les affaires régis, mets-moi les épées en plastoque et les cornes à boire dans le drakkar et on lève l’ancre. Avec la damoiselle nous nous frayons un chemin parmi les hordes en sueur de guerriers urbains aux premiers poils de barbes ayant poussé la veille pour reprendre pied avec la réalité grisâtre de la capitale. Et accessoirement aller dormir, parce que cinq heures de concert aussi mouvementées, ça coupe les pattes.

A boire et à manger dans cette affiche qui connaîtra un écho plus brutal avec le Heidenfest qui aura lieu au même endroit dans quelques mois avec en tête d’affiche TWILIGHT OF THE GODS, la fameux tribute à la période « viking » de BATHORY. Par Odin, ça va envoyer !