Y a un nouveau disquaire en ville

Mercredi 8 septembre 2010 à 20:11

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Ce que vous voyez plus haut là c'est le 28 rue Rodier dans le 9ème arrondissement de Paris. Imaginez-vous la butte Montmartre et son imagerie de bohème en carton-pâte, descendez-en pour traverser ce styx de luxure pour touristes de 3ème âge qu'est devenu Pigalle et enfoncez vous à travers le square d'Anvers. Cherchez la rue Rodier et vous tomberez sur le coté numéros pairs de cette rue sur la boutique MUSICFEARSATAN. Excellent site de vente sur Internet , c'est aujourd'hui un magazin qui a ouvert ses portes lundi à 19h à un public de connaisseurs, d'amoureux de la musique "autre" et même de musiciens (des membres de KYLESA auraient été là). Of course votre Serviteur y était, bien collée aux bacs de vinyles occupant désormais le côté gauche de l'échoppe et a pu y dégotter le Si Monumentum Requires, Circumspice de DEATHSPELL OMEGA et le Black Ships Ate The Sky de CURRENT 93 en double LP pour pas cher. Aux amateurs je rajouterais que le double LP du dernier WATAIN, Lawless Darkness, y est à 18 euros. Vu la beauté de l'objet vous auriez tort de vous priver. Il y a aussi le premier album d'EIBON qui est une merveille. J'y reviendrais sûrement la semaine prochaine après le monstrueux concert à venir au Klub avec RAMESSES et GLORIOR BELLI ce dimanche.

C'est un sujet de joie pour l'auteur de ces lignes de constater qu'à une époque où la musique se dématérialise de plus en plus et que même des grandes chaines se cassent la gueule (remember la FNAC Bastille?) que des passionnés continuent à vouloir faire vivre leur passion autrement que simplement derrière un écran, et font revivre le moment d'échange qu'est le furetage dans les bacs d'un disquaire connaissant son boulot.

Rien que pour me rappeler les jours trop courts de Paranoid Records à Caen, j'invite tous mes lecteurs parisiens à y faire un tour et débourser quelques deniers.

EPIC FAIL

Lundi 26 juillet 2010 à 22:56

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Je n'aime pas parler des concerts qui se passent mal. Un peu comme les disques qui m'ont déçu, bien que ces derniers peuvent avoir avec le temps une valeur nouvelle à mes oreilles. Mais les concerts, non. C'est comme un anniversaire qui a mal tourné, on préfère l'oublier, comme ce concert de MASTODON au Trabendo qui m'a déçu à un point que je pensais impossible à atteindre de la part de ce groupe que je considère cependant toujours comme essentiel, voire simplement incontournable.

Mais voilà ce soir... Concert gratuit de ÖDLAND et MIA DOI TODD à L'International, ça tombe bien les premiers je venais de les découvrir via Deezer et les voir live faisait plus que me botter. Début des hostilités à 20 heures, bien ça laisse le temps d'arriver peinard rue öberkampf et de prendre un verre ou deux. Ca sera un, une Affligem qui entre le moment où je la commande et celui où l'on me la sert se transforme en Pelforth, bah qu'importe le flacon... 20 heures, l'escalier menant au sous-sol où doivent se dérouler les festivités est fermé. Baste! On est pas pressés! On commence ensuite à l'être à 20h15,  puis 20h30... jusqu'à 21h où j'arrive enfin à acheter un CD du groupe. J'étais bien parti pour me servir et laisser les 10 euros, mais le DJ apparemment responsable du merch' a entre-temps enlevé son casque et a pu nous vendre le-dit produit.

21h15, enfin le public descend en masse vers la salle, et je sens déjà le problème, basse de plafond, parcourue de piliers dont deux entourant une scène fatalement peu élevée... Le Glaz'Art en pire, mais avec un public qui sera pour certains spécimens la cerise merdeuse sur ce gâteau au goût peu amène. Ce bon Louis-Ferdinand Céline avait raison, rien n'est gratuit en ce bas monde, et tout se paye, le bien valant plus cher. Car pour tenir deux morceaux de ilôt de beauté qu'était ÖDLAND, il a fallu subir le ressac de connerie de hipsters parisiens qui vous confirme que si "cons-sanguins" il y a, ce n'est pas en Province mais bien dans la Capitale qu'ils pullulent. Qui dit de photographes vaguement professionnels occupant tout le devant de la scène sans se donner la bienséance de se baisser et calant leurs objectifs sous le nez de la chanteuse, qui dit d'une radasse tentant à tout prix de se glisser entre votre Serviteur et le pilier pour voir la scène, qui dit d'un mignon virant le public déjà blasé du bout de son reflex offert à Noël... A ce sujet c'est fou le nombre de pseudos-photographes parasitant les concerts, le summum revenant au  spécimen du glaireux prenant une photo  avec flash à cinquante mètres de la scène à l'aide... de son portable. On en a des brassées à chaque remplissage de Bercy.

Revenons au sous-sol de l'International et à la féérie du quatuor d'ÖDLAND qui ne survit pas au brouhahaha des conversations emplissant la salle. Car la hype impose d'aller voir un concert, de n'en rien entendre et de parler le plus fort possible à cause de ces sagouins de musiciens.

Non, décidément, je dois trop aimer la musique pour subir ça, une accumulation de ces petits riens qui vous pourrissent la vie. Je pars, apparemment à moindre regret puisque n'ayant pas payé l'entrée mais intérieurement aussi furieux que si j'avais guetté la place pendant des heures sur Ticketnet pour un concert de METALLICA. Et de me convaincre un peu plus qu'au niveau public de merde, celui des métalleux a bien des avantages sur celui des bobos parisiens.

Pour ne pas finir sur une note totalement négative, je vous incite sincèrement à jeter une oreille bienveillante et attentive sur l'album d'ÖDLAND et moi d'espérer revoir le groupe dans de meilleures conditions. Celles dignes de son talent.

Photo tirée d'un concert du groupe l'an passé.
Les échappées “solo” de musiciens officiant dans des groupes reconnus et respectés sont rarement un sujet de joie sans fin. On assiste souvent à un assouvissement d’égo contenu dans le groupe d’origine, expérimentations hasardeuses enfin libérés du carcan qui vous a fait connaitre, ou pire, faire la même musique, et faire prendre conscience à quel point on n’est pas « l’âme créatrice fondamentale » du collectif momentanément délaissé…

Bref, ça ne m’a pourtant pas empêché deux soirs de suite d’aller voir des cas de figure ayant le même point de départ, artiste hors de son groupe, des façons de faire totalement différentes mais avec un même résultat enthousiasmant.
 
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A ma droite JONSI, ou quand le chanteur de SIGUR ROS quitte les vapeurs de shoegaze éthérés que répand son volcan-groupe devenu emblématique de l’Islande, plus encore que ne le fut BJORK il ya quelques années. Le DVD Heima en fut une belle preuve, même si depuis quelques albums le groupe patinait un peu. Au contraire du chanteur qui délivre dorénavant un univers plus Pop, chanté en anglais mais toujours empreint d’une certaine mélancolie. Et ce soir-là dans la fournaise du Bataclan, non le volcan au nom imprononçable ne faisait pas partie du superbe et efficace décor fait d’animations projetées en arrière plan, JONSI a délivré un set fait pour presque la moitié ( !) d’inédits.

Peu importe, sans reconnaitre les titres, la fosse hurlait à chaque note débutant un morceau, les énergiques « Go Do » et « Boy Lilikoi » recevant un accueil tout particulier par leur caractère plus dansants. Un show visuellement superbe, sophistiqué mais non enrobé de faux-semblants comme ce titre, « Sticks and Stones », chanté à l’aide d’antisèches ce dont s’excusera dans un rire timide le frontman. Un homme qui sait s’entourer, loin d’être des requins de studio, les musiciens l’accompagnant font « partie de la famille », dont son compagnon Alex avec qui il avait déjà sorti en un album, et ça se sent. Pas d’esbroufe, mais le plaisir de s’immerger dans la musique de JONSI et d’y faire rentrer sans faute un public pourtant assommé par la chaleur.
 

Et puis il y aura ce « Grow Till Tall » final transcendé sur scène, alors que l’image d’une pluie de plus en plus violente inonde l’arrière-plan, où le chanteur donne tout ce qui peut lui rester après un tel concert. Et votre Serviteur de retrouver un peu le frisson qui l’avait parcouru lors du déjà cultissime concert d‘ULVER à la Cigale. C’est dire si JONSI a réussi à faire vivre son monde à lui, et de très belle manière….
 
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Et à ma gauche, le poids lourd toute catégorie du moment ; non pas un mais trois artistes hors des formations les ayant connaitre. Quand on me demandait qui j’allais voir ce mardi soir, je disais les THEM CROOKED VULTURES, et me doutant que dans nos belles contrées, ça parle à trop peu de monde, je développe toujours de la façon suivante. A la guitare/chant, Josh Homme ex-KYUSS, et QUEENS OF THE STONE AGE, ce qui parfois dit quelque chose. A la batterie, Dave Grohl, FOO FIGHTERS mais surtout NIRVANA, là ça parle déjà beaucoup plus. Et en guise de « finish him », John Paul Jones… le mec qui jouait de la basse dans un groupe qui s’appelait LED ZEPPELIN. Et là le pékin moyen se prend une baffe.

Un peu comme le public du Zénith d’ailleurs. Je ne savais pas trop quoi attendre d’un tel cocktail, d’autant que malgré ses qualités évidentes et son air faussement « Q.O.T.S.A.- light », il manquait l’étincelle qui mettrait définitivement le feu aux poudres. Car là est le problème des « supergroupes », le public, et les marchands de soupe, s’attendent trop souvent à une somme des ingrédients des différents groupes dont sont issus ses membres. Alors que ces derniers accouchent plus souvent… d’autre chose. Et si on s’en doutait à l’écoute du disque, c’est devenu évident à être impudique sur la scène du Zénith, les trois lascars, accompagnés à al deuxième guitare d’Alain Johannes, sont là pour une chose ; se faire plaisir avec des collègues qu’ils estiment et respectent.

Après un doublé «No One Loves Me & Neither Do I / Gunman» qui met les choses au clair, tout l’album est déroulé pendant deux heures par des musiciens jouant avec un plaisir que j’aurais rarement vu en live. D’autant qu’il est amusant de très vite constater que la star de la soirée ce n’est pas Grohl qui bombarde ses fûts avec une précision chirurgicale, ou Homme d’une jovialité contagieuse qui s’amuse à présenter son groupe sous le nom « les petits pois ». Non la star c’est celui qu’on oublie un peu vite parce qu’il n’était pas l’adonis Robert Plant, le ténébreux Jimmy Page ou le bruyant, et mort, John Bonham. La star c’est John Paul Jones, d’une tranquillité toute britannique, heureux de jouer sur une scène avec des musiciens heureux de chaque instant partagé à ses cotés. Et c’est réciproque, sans flagornerie, il n’y a pas un semblant de mise en scène dans ce que l’ont voit, et le partager avec le public fait que les titres de l’album prennent une consistance devançant de très loin le disque. On sent le métier, oui mais on sent le simple panard d’être là.

Pas de titres de NIRVANA, LED ZEPPELIN ou QUEENS OF THE STONE AGE joués en rappel, qu’il n’y eut pas d’ailleurs. Cette dernière mascarade a été évincée elle aussi et ce n’est pas plus mal. Et pas besoin d’un « smell like teen spirit » chanté par Homme, chose écœurante ou à pisser de rire à imaginer, pour que ce soir fut le grand soir. THEM CROOKED VULTURES a du gros potentiel en devenir, au point que l’imaginer supplanter, du moins sur scène, les groupes de ses géniteurs n’est peut-être pas si incongru….

A une époque où le « disque » va mal, et où le préformatage prévaut, souvent réclamé inconsciemment par un public d’autant plus inculte alors qu’il n’a jamais eu autant accès à la musique, il est plus salutaire que des artistes « arrivés » puissent s’échapper de leurs enclaves dorées dans le but premier de faire plaisir à leur jouer « leur » musique, en solo ou en famille recomposée, sans avoir à se soucier des lendemains déjà assurés par leurs précédentes œuvres.

C’est en ça que peuvent des escapades solo peuvent réellement faire valoir leur droit d’exister ; le fait de retrouver un plaisir simple que les grosses machines handicapent parfois, et que ces dernières peuvent avoir à nouveau en retour dans un avenir proche.

Galère dans le métro parisien ; la ligne 5 est bloquée par des cordons d’agents de la RATP. Cause ? Les manifestations pro-palestiniennes. Un coup à virer pro-israélien en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « mazel tov ! ». D’autant que pour ce premier concert de 2009, le Nouveau Casino abrite quelques perles du Black Metal Underground venus du froid. Des vikings ayant en commun d’officiant dans un Black obscur que le feu des projecteurs laisse de glace, ainsi qu’une dévotion déviante exprimée à travers leur musique. Joie de vivre, quoi…


http:///fusion/images/DSCF1549-copie-1.jpgCelestial Bloodshed

 

Arrivé dans la salle sans arrêt technique aux stands merchandising et boissons, je m’installe sur le côté pour le set des norvégiens de CELESTIAL BLOODSHED. Et leur Black annonce la couleur de la soirée ; noire, TRES noire. Si leur musique n’a rien de bien originale, elle est parfaitement exécutée, et surtout menée par une zombie blond filiforme, sorte de réincarnation de Dead (chanteur de MAYHEM s’étant suicidé il y a plusieurs années). Mimant une pantomime d’agonisant, il a les yeux du public sur lui ; zéro communication,comme tous les groupes de la soirée d’ailleurs, si ce n’est des râles de damné. Novateur ? Absolument pas. Mais ils remplissent sans temps mort la demi-heure leur étant impartie.

 

http:///fusion/images/DSCF1619.jpgAosoth

 

AOSOTH, ou les locaux de l’étape, mené par Mkm (ANTAEUS) et BST (BALROG, ABORDTED…) et soutenus par des musiciens de GENITAL GRINDER et autre. Pour leur deuxième concert parisien, les français tapent encore une fois très fort. Avec un public des plus récecptifs dès le premier riff, leur gig commence très fort avec « Burst by fire » et « Aura of pills », le reste sera un crescendo, avec comme point d’orgue « Inner War » la reprise d’ANTAEUS, à la fois pour le public dans les « Hail Satan » ne tardent pas à se faire attendre pendant que Mkm vomit ses « cut your flesh, worship Satan ! » avec une énergie redoublée. Un final avec « Soul cremation » et le groupe déserte la scène. Vouloir en faire moins pour faire mieux, aux dires du duo aux commandes du groupe. Et effectivement à soigner ses rares prestations, AOSOTH confirme sa position, déjà, de valeur sûre de la scène.


http:///fusion/images/DSCF1722-copie-2.jpgBaptism

 

« Creux » de la soirée avec les finlandais de BAPTISM, la montée en puissance que j’avais ressenti avec les deux premiers groupes va flancher, d’abord à la vue du guitariste au pantalon tellement en lambeaux que le public aura l’occasion de détailler par l’arrière son slip bleu aux motifs…noirs, bien sûr. Quand à l’arrivée du chanteur avec sa robe de Gargamel… Sans être foncièrement mauvais, riffs efficaces, frontman connaissant son taf…j’ai du mal à rentrer dans leur prestation. Passons à autre chose…
 

 

http:///fusion/images/DSCF1751-copie-1.jpg Sargeist

 

Tête d’affiche, SARGEIST dont ce sera apparemment l’unique tournée. Projet initié par un membres d’HORNA, les quatre officiants arrivent grimés en moines pour la messe noire. Riffs et structures débarrassés de tout gras ; leur musique à quelque chose de franciscain dans son austérité et sa ferveur. Quelque chose d’hypnotique dans ce pourtant énième erztaz de DARKTHRONE. Pourtant la magie, noire, fonctionne, et ce alors même que leurs disques ne m’avaient pas marqué plus que ça. Peut-être que les musiciens sont d’autant plus remontés qu’ils s’agit sûrement de la première et unique tournée? En tout cas, un final en beauté…


http:///fusion/images/DSCF1789.jpgSargeist

 

En sortant avec mon tout frais LP d’AOSOTH sous le bras, je me rends compte à quel point la soirée fut bonne. Pas besoin de passer le temps au bar, de râler sur la bêtise habituelle d’un public dont certains membres furent encore ce soir des plus beaufs. Mention spéciale d’ailleurs au joufflu ayant voulu faire un slam…pour au final se payer un bide monstrueux, le public s’étant écarté, et l’apprenti voltigeur a dû descendre penaud de scène. Comme quoi, pas à dire, la nouvelle année commence bien.

Bucher pour un Starbuck

Mercredi 3 décembre 2008 à 10:18

Quelque chose qui m’avait marqué dans un trajet pour Londres à bord d’un RER du cru, est cette pratique du « Take-away ». Approximativement « à emporter » pour les moins anglophones de mes pourtant méritants lecteurs. S’ils le font souvent à midi pour le déjeuner c’est surtout en matinée, dans les transports où nombreux sont ceux avec leur thermos renfermant le salutaire café. Et non pas de la sauce à la menthe, cochons de français !

 

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Bref, l’autre matin, je sors de Châtelet dans cette désormais fraicheur matinale qui baigne la capitale et plus particulièrement en bord de Seine. Le jour pas encore levé et le parisien de même. Le pied en somme. Au moins je ne poireauterais pas au Starbuck près de la Sorbonne. La passionnante aventure de commander un café à des employés de fast-food au petit matin peut donner lieu à mille calembours à rendre vert Goscinny, Desproges et Franquin réunis. Mais là non.
 

Le café de la semaine dans la poigne droite le badge Navigo dans la gauche, je passe le portique du Métro, puis remet l’un dans ma poche et porte le suivant à mes lèvres. Rassurez-vous je ne me suis pas trompé dans l’ordre.

 

C’est alors que bien tassé sur un strapontin, alors même que je déguste mon café et le peu de population autour de mon auguste personne, je pressens qu’il se trame un je-ne-sais-quoi de pas très net, comme un poids dans l’atmosphère. Pour résumer, il y a une couille dans le pâté.

 

J’ai l’œil de Moscou sur moi. La plupart des personnes dans la rame semblent me vouer silencieusement aux gémonies. Pour un peu j’entendrais entre deux ballotements bruyants, les « kss kss » accompagnés du majeur et du petit doigt dressés en ma direction, tandis que les autres sont fermement repliés. Tout ça parce que je consomme un café dans un transport en commun.
 

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Ha Rabelais, toi dont j’ai lu le nom au plafond de cette station où je suis monté dans ce train d’infamie. Tu serais bien marri, toi qui voyais l’origine du nom cette ville dans le défoulement urinoire d’un géant. Toi qui conjuguais en cette hardie saillie la finesse de l’esprit latin et la bonhommie bien gauloise…l’âme de la France, quoi ! Aujourd’hui il ne nous reste que la pédance parigote d’un Beigbeder et le gras d’un Cauet indigeste. Et entre les deux, un esprit frileux et parpaillot, frustre et coincé, le plus sordide de tous, celui pour qui derrière la devanture bourgeoise de bon ton, s’entrechoquent les pensées dégueulasses des rabougris de la vie.

 

Monde de merde.

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